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Garance : un festival de « dates uniques » en France

vendredi 1er août 2014, par Séverine Capeille

On se souvient…

On se souvient qu’en 2011, Burning Spear était au Garance Festival pour une date unique en Europe et que Willi Williams venait en France pour la première fois. L’année suivante, c’étaient Derrick Morgan, The Gaylads, Bob Andy, Leroy Smart, Freddie Mc Gregor, Cocoa Tea et Turbulence qui offraient au Garance une date unique sur notre territoire. En 2013, Chinese Man enflammait la Dub Station en proposant, pour leur seule date dans l’hexagone, un show exclusif pour le Garance. Côté Main Stage, on avait pu assister à une création exceptionnelle entre Michaël Rose et le duo Sly (batteur) & Robbie (bassiste) pour un inoubliable hommage à Black Uhuru…

Mais on en a surement oublié.

Car parmi tous les festivals de reggae, le Garance se révèle toujours le plus surprenant et le plus généreux pour offrir des exclusivités musicales à couper le souffle. C’est une force incontestable. Tous les artistes vous le diront. Ils reconnaissent unanimement la bienveillance des organisateurs qui, années après années, n’hésitent pas à prendre des risques afin de proposer des shows qui font ensuite fièrement dire aux spectateurs : « on y était ! ».

Des étoiles dans les yeux.

Qu’il s’agisse de vétérans du reggae présents sur scène pour une « date unique » ou de jeunes perles de la nouvelle génération dancehall encore inconnues du grand public, le Garance festival est le maître incontesté des programmations inédites en France. Et l’édition 2014 n’a pas dérogé à cette enthousiasmante habitude.

Dès le premier soir, la plupart des artistes annoncés avaient exceptionnellement fait le déplacement de Jamaïque pour cette seule date en France. Dubtonic Kru, plusieurs fois honoré par des prix et récompenses, a fait vibrer la scène de sons roots et authentiques.

Le groupe a ensuite accompagné Jah9, talentueuse artiste qui venait en France pour la première fois. Ensemble, ils ont offert au public un chant Nyabinghi dont la spiritualité enveloppa tout le Parc Arthur Rimbaud.

Jah9 (Janine Cunningham) mérite d’être connue tant pour ses capacités vocales que pour son indéfectible engagement au sein du collectif d’artistes Manifesto Jamaïca, qui encourage le développement de la jeunesse par le biais de l’art et de la culture. Seule femme de la première soirée, elle a conquis le public grâce à une prestation empreinte de grâce et de puissance, et son premier passage sur le sol français n’a laissé personne indifférent.

Le « concert surprise » qui était ensuite annoncé aurait pu présenter un seul artiste, mais cela aurait été trop simple, trop attendu. Quand le Garance Festival parle de « surprise » il faut comprendre : le trio de Chinese Man accompagné du trio hip-hop ASM (A State of Mind) et du chanteur jamaïcain Johnny Osbourne ! Passé du Dub Station Corner l’an dernier à la Main Stage, le collectif marseillais a pu dignement célébrer le dixième anniversaire de leur label et offrir un show mémorable.

Ainsi, le public était fin prêt.

Fin prêt pour le clou de la soirée. Pour l’événement à ne pas louper. Pour Capleton et son unique concert en Europe de tout l’été !

Fidèle à lui-même, l’artiste a proposé un show explosif. Celui que l’on surnomme « fireman » a su mettre le feu en reprenant ses plus grands succès, chantés en chœur par une foule conquise. Mais le silence se faisait parfois, quand Capleton se lançait dans un a cappella qui laissait le public sans voix :

Il n’y avait rien à dire. Juste à apprécier le talent de cette figure emblématique du reggae / dancehall ; juste à ressentir ce genre de moments qui passent forcément beaucoup trop vite. La première soirée s’achevait mais heureusement, il restait trois autres jours de festival, et encore beaucoup d’autres exclusivités.

La performance de Jah Shaka, par exemple. Comme Chinese Man, il est passé du Dub station Corner l’an passé à la grande scène cette année. En configuration inédite avec Mafia & Fluxy et Adrian Sherwood à la console de mix, il a présenté un show que tous les connaisseurs ne sont pas prêts d’oublier.

Autre événement exceptionnel de ce festival : la présence du légendaire percussionniste Ras Michael avec son groupe The Sons of Negus. Chacun mesurait la rareté du spectacle, et un recueillement général a notamment accueilli la reprise de « Redemption song » :

La réflexion et la contemplation laissa ensuite la place à l’excitation. Le reggae s’effaça au profit du rub a dub style avec le king Yellowman.

Dans une forme éblouissante, il a encore une fois imposé le respect par son dynamisme et son talent. Mais il n’était pas le seul à faire son grand retour en France : il y avait aussi le crooner Sanchez.

Jusqu’au dernier jour, des « dates uniques » ont été programmées pour le plus grand plaisir du public. Les événements immanquables se déroulaient également du côté Dub Station Corner. Une soirée entière était notamment consacrée à la rencontre entre les sound systems Blackboard Jungle et King Shiloh. Les festivaliers se pressaient dans une arène de 48 bass, avec ou sans bouchons (les imprudents !) dans les oreilles. On a également pu découvrir la famille Vibronics au complet :

C’est un succès grandissant pour le Dub Station Corner. Chaque année, les festivaliers se retrouvent toujours plus nombreux dans cet espace désormais considéré comme « une arène meurtrière » ; une véritable tuerie en good vibes !

De l’unique, de l’exceptionnel, de l’insolite, du spectaculaire… Les festivaliers en ont eu plein les yeux, et plein les oreilles. Mais il y avait aussi les habitués, les inconditionnels du Garance Festival. Alborosie, qui avait déjà remplacé Sizzla au pied levé en 2012, était de nouveau présent pour faire danser un public enthousiaste et fin connaisseur des paroles de ses chansons.

Danakil, déjà venu en 2011, a renouvelé son expérience et défendu son dernier album avec brio. Dans un esprit de solidarité et de communauté, les membres du groupe ont partagé la scène avec Yaniss Odua, qui a chanté son titre phare du moment « Rouge jaune vert ». Les drapeaux flottaient allégrement dans une ambiance bon enfant.

Autre artiste particulièrement attendu : Tiken Jah Fakoly. Au-delà des titres qui ont fait son succès dans le monde entier, l’artiste engagé a présenté un « Dernier appel » pour l’Afrique. Son dernier album (le huitième) exhorte les pays africains à s’unir. Accompagné de nombreux instruments traditionnels, le chanteur a délivré son message au public de Bagnols sur Cèze.

Anthony B a quant à lui encore une fois prouvé qu’il était une incroyable bête de scène.

Lui qui avait eu le privilège de terminer la toute dernière édition du Rototom Sunsplash en Italie en 2009, avait également la belle responsabilité d’achever ce Garance Festival 2014. Il faut dire que c’est l’artiste idéal pour cette place de choix dans la programmation.

Les festivaliers pouvaient alors repartir avec des souvenirs plein la tête. Ils avaient également pu voir :

Lord Zelko et Big Red :

Tanya Stephens, la deuxième (mais non des moindres !) femme programmée cette année :

L’incroyable Ken Boothe :

Le Jamaïcain Errol Dunkley :

Winston McAnuff & Fixi :

Michael Prophet :

Lutan Fya :

Le mythique chanteur des Congos, Cedric Myton, avec son compatriote R.Zee Jackson et le batteur émérite Leroy Horsemouth Wallace (la star du film “Rockers” !) et les Liberty Vendors.

Le français Taïro :

Alpheus :

Le tout étant animé par Francky de Party time, le roi du grand écart !

Aucune annulation. Aucun retard dans le programme. Une édition 2014 réglée « comme du papier à musique », incontestablement.

Une fois les concerts terminés, aux environs de trois heures du matin, il était encore possible de poursuivre la soirée du côté du camping. Le sound system qu’il ne fallait vraiment pas manquer s’appelait Chalwa Meditation (sur facebook ICI)

Les plus motivés pouvaient alors danser jusqu’au début de la matinée. De façon générale, les festivaliers étaient nombreux à avoir apporté du son.

Et tout le monde est reparti avec la ferme intention de revenir à la prochaine édition.

* D’autres photos des concerts d’ici peu sur onevybz.com

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