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Deux chaussures.

dimanche 18 avril 2010, par Lydia Maleville

Deux chaussures plantées sur le béton.
deux jambes droites dans un pantalon.
Sur un torse droit, dressé.
Deux mains serrées sur une pochette.

Sur le cou décharné,
Un visage mangé par de noires lunettes.
Statue de chair, immobile
Bousculée, malgré la canne, ballottée, si fragile.

Seul, sans vue, en prison de cécité.
Il résiste au flux de la foule pressée.
Tendu vers nous, coupé de l’agitation,
Il semble méditer, tout en vibration.

Tous ses sens en écoute, quêtent un éclat, un son.
Ils fouillent les ondes, en décryptent les frissons.
Il communique enfin, de son fluide nous perçoit.
Il est infiniment attentif, tout en lui cherche une voie.

Il décrypte, nous imagine, nous saisit.
De lui à nous se diffuse une perception, un émoi.
Par un miracle, un contact est transmis.
Il sait notre présence, il sait, tout,... il nous voit.

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2 Messages de forum

  • Deux chaussures.

    20 avril 2010 01:05, par Konny
    Il nous voit quand nous ne le voyons pas & que l’on pourrait et devrait le voir...

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    • Deux chaussures. 30 juillet 2010 18:36, par Lydia Maleville
      Merci de ta lecture et oui, il y a les yeux de chair,si j’ose dire, et les yeux de l’âme, lorsque l’on a les premiers ont oublie parfois les seconds. Dommage !

      Répondre à ce message


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