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Peau d’âme

dimanche 2 mars 2008, par Lilith


Sourde colère
Mon unité première
Gronde bouillonne
Magma menaçant
Elle crevasse ma peau
Torture ma chair
Comme une terre
Avant l’orage
Attend l’éclair
Grimace
Rictus sans grâce

Cela commence comme une plainte, imperceptible lourde et opaque
Un chant brisé rassemblé en soupir qui monte et grandit
Du fond des entrailles d’un labyrinthe obscur
Une vague qui grossit, s’alourdit
Jaillit soudain et fracasse violemment la crypte
S’étale et s’épuise
Retombe dans l’oubli
Retient son souffle
Une main aplatie
Sur la bouche

Sanglot ravalé au fond d’une gorge éprouvée par des siècles d’obscurité

Lilith est en train de bouffer mes enfants
Les dieux m’ont trahie
Ils m’ont donné en pâture un simulacre de destin
Synthétique festin
Amours emphatiques
Des hommes masqués se sont emparés de ma virginité
Ma course est terminée
Il ne me reste rien
Tout s’éteint …

Prends moi !
Ouvre mes yeux, mes bras
J’ai besoin d’air,
Gonfle ma chair
Que je m’envole, légère, éther
J’ai tombé ma cuirasse
Ishtar Vénus guerrière
Reine de mes nuits idylliques
De mes jours de combats
M’a laissée démunie
Son souvenir me caresse
Mais sa violence et son entêtement
Font un vacarme assourdissant

Prends moi, prends moi
Maintenant
Que je retrouve le goût du sang,
Les vraies odeurs de mes humeurs
Sans pitié, sans artifice

Prends moi
Transperce ce mensonge
Qui me ronge
Fais moi hurler
Que je retrouve mon clan
J’ai franchi toutes les étapes
Je n’ai rien gagné pour autant
Prends moi si tu m’entends
Savoure ta victoire
J’ai avalé le miroir et je vois bien que tu es là
Allume l’incendie
Le grand incendie
Déchire moi tout ça
J’ai besoin d’y voir clair
Prends moi, car la folie me guette
Entre l’ange et la bête
Je suis déboussolée
Dynamite ce qu’il me reste
D’illusions d’être sage
Alors que ma rage
S’étrangle dans la boue
Stérile du bleu, du jaune et du rouge
Mélangés
Mon corps, lui, n’a pas oublié
Même s’il s’est plié
Sous les assauts de la révolte contractée
Mes pieds dansent encore dansent
Dans l’euphorie de l’inconscience
Avant que je ne disparaisse
Prends moi
Avant que mes dents ne puissent plus mordre
Avant que mes ongles ne puissent plus tordre
Mes cheveux en désordre
Avant qu’il soit trop tard
Fêtons nos épousailles
Faisons ripailles
Dans le sang et la fange
Des territoires interdits
Là où toute vie
Trouve sa formule sacrée
De nos instincts endommagés
Faisons un immense brasier
Illuminons le chemin
Pour une vie cousue main

Fière et noble colère
Petit trublion de naguère
Te voilà désormais aussi majestueuse
Que mes pauvres trahisons ont été désastreuses
Et mes absences, mes dépendances
Ces addictions que je croyais sans conséquences
Le plaisir, le déni
Fini

Je veux que mon désir au matin soit vierge de mon nom
Je veux rentrer chez moi retrouver ma peau d’âme

Mon chagrin, ma hargne, ma douleur, mon dépit
Ma fureur, mon courroux, mon ardeur, mon ivresse :
Maux cachés de la folie
Quand tout à coup s’effondre l’édifice
Qui vous maintenait en sursis
Sacrifice
Célébration des cicatrices
Je suis en lambeaux

Sous mes jupes traînent des crânes
Qui sonnent et résonnent
Comme une pluie sur ton âme
Homme profane
Toi dont la plus petite larme
Suffirait à me sauver

Lilith

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2 Messages de forum

  • Peau d’âme

    3 mars 2008 14:51, par Laet
    Je suis dans cet état Lilith... Une sombre colère m’étouffe ! A quand l’éruption ? Bientôt...

    Répondre à ce message

    • Peau d’âme 3 mars 2008 17:14, par Lilith

      L’éruption peut trouver diverses issues laet ;)) Pour ne pas étouffer j’ai choisi de m’isoler du monde , mais pas pour autant m’en extraire, juste prendre assez de recul pour ne pas se laisser submerger. Je ne crois pas me tromper en disant que nous sommes toutes ici plus ou moins concernées par la colère, l’impuissance parfois, et ce profond désir visceral de changer la donne.

      On échange, on cherche, on crée, nos colères s’expriment , c’est déjà ça ;))

      Répondre à ce message


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