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Renata Harpprecht, matricule 70159, évoque l’enfer d’Auschwitz

mercredi 26 janvier 2005, par Claudie Kibler Andreotti

Journaliste, ancienne déportée, rescapée des camps d’Auschwitz et de Bergen- Belsen, épouse du journaliste et écrivain Klaus Harpprecht - qui fut conseiller du chancelier Willy Brandt, auteur de nombreux livres parmi lesquels "Dieu est-il français ?" humaniste récemment promu chevalier dans l’ordre de la Légion d’Honneur - Renate Lasker Harpprecht, soeur d’Anita Lasker Wallfisch, "la violoncelliste d’Auschwitz" nous a reçus dans sa maison de La Croix Valmer. Endroit de rêve, ombragé de palmiers, planté de citronniers, mimosas, où la féerie de petits soleils domine la Méditerranée…

Comment peut-on, dans ce lieu idyllique, ce coin merveilleux de la planète terre, entre ciel et mer, imaginer qu’il y eut l’horreur des camps ?

Que peut-on ressentir aujourd’hui alors que l’on s’apprête à célébrer le soixantième anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz, lorsque l’on a soi-même été internée dans ce lieu dont le nom à lui seul évoque l’insoutenable, l’insupportable, l’inimaginable ?


Je trouve que c’est très important. Et je crains que l’on en fasse un peu trop… Car les gens ne veulent plus savoir. C’est tous les soirs que la télévision en parle, en France, en Allemagne, et en Angleterre où ma soeur Anita est sans arrêt interviewée.
Le parlement allemand m’avait invitée à participer à un grand acte, jeudi. Mais je suis trop fatiguée pour aller à Berlin en janvier alors qu’il fait si froid. Je suis devenue très méridionale maintenant !

Née à Breslau, Renata HARPPRECHT vit aujourd’hui à La Croix Valmer où elle vient tout juste de fêter ses 81 ans. Officiellement 79, puisqu’après la libération des camps elle dut, pour pouvoir fuir en Angleterre, truquer son état civil, se rajeunir de deux ans.
Assez jeune pour mourir en camp, elle était déjà trop vieille pour émigrer…

J’ai été arrêtée à Breslau en septembre 1942, jetée en prison jusqu’à l’été 1943, envoyée au pénitencier de Jauer (Silésie) pour des travaux forcés jusqu’en décembre… C’est ensuite, et jusqu’à l’hiver 1944 que je connus Auschwitz.
Transférée à Bergen Belsen ,j’y resterai jusqu’au 15 avril 1945…

Si Renata a été envoyée dans ce pénitencier, c’est qu’elle avait, pour de faux papiers, endossé l’entière responsabilité de leur réalisation. Sa soeur resta en prison, où dit-elle, nous aurions aimé rester longtemps, car là nous aurions été à l’abri ! On travaillait avec des prisonniers de guerre français, à Sacrau près de Breslau, en Silésie, dans une usine, une fabrique de papier de toilettes pour l’armée : velouté pour les officiers, ordinaire pour les soldats…

S’IL VOUS PLAÎT, NE NOUS PARLEZ PLUS DE CHAMBRES À GAZ…

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Renate Harpprecht

"Il faut tout dire", comme le clame aujourd’hui dans la presse, Patrick Poivre d’Arvor.
Je devrais comme journaliste avoir de la sympathie pour mes confrères… Mais c’est un sujet qui se prête à tellement de drames, de passions ! Après Auschwitz on ne pourra plus écrire de poésie a dit un poète français… Je ne suis pas vraiment d’accord, mais… Le 27 janvier ? Je ne vais rien regarder ou vraiment très peu à la télévision, sauf l’acte officiel à Berlin… Je jouerai avec mon chat, Garfield, en contemplant la Méditerranée…

Si j’avais un pouvoir décisionnel ?
J’aurais probablement fait la même chose car il y a un devoir de mémoire. Il ne faut pas reprocher aux jeunes, sauf s’ils ont de bons professeurs, de ne rien savoir. C’est donc notre devoir de leur en parler. Un écrivain juif allemand, disparu aujourd’hui, a dit : "demandez-nous parce que nous sommes les derniers". C’est aussi ce que je fais. Je parle !

Renate qui fut très proche de Willy Brandt, dont l’époux, le journaliste Klaus HARPPRECHT fut le conseiller, ajoute : "Si Willy Brandt n’avait pas été malade, il aurait près de 95 ans… Mais s’il avait été là, cela aurait été formidable ! Quant à Klaus, il est à Berlin où il va prononcer, dans une église protestante, le discours que j’aurais dû faire…
J’ai commencé à parler des camps très tard. Cinq ans après les gens ne voulaient pas vraiment savoir. La première fois que j’ai tenté de le faire, j’étais encore à Bergen Belsen, au moment de la libération.
C’est une histoire honteuse, mais vraie.
Au moment du procès de Luneburg, avant celui de Nuremberg, interviewée par un officier anglais et convoquée pour témoigner, j’ai lu, affiché sur sa porte "No more gas chamber stories, please".
C’était dans le camp, à Bergen Belsen… plus d’histoires de chambres à gaz, s’il-vous- plaît… Bien sûr, il n’y avait pas de chambre à gaz à Belsen et cet officier qui devait avoir trente cinq ans croyait que les gens racontaient n’importe quoi…

Renata reconnaît cependant que, dans l’ensemble, les anglais ont été des libérateurs formidables !

Auschwitz a été libéré par les russes. Les allemands qui sentaient qu’ils allaient perdre la guerre avaient commencé à vider le camp… Tout était très chaotique. Il n’y avait plus de chambres à gaz, ils les avaient détruites, dynamitées…
La baraque occupée par l’orchestre avait été vidée, tout l’orchestre, mis dans un wagon à bestiaux. Interprète et "messager", je suis partie avec ma soeur, la violoncelliste, à Bergen Belsen.

Les souvenirs, les odeurs d’Auschwitz, pour vous ?

Je déteste le mot indescriptible, car on doit pouvoir tout décrire. Pour moi c’est une odeur sucrée, grasse, horrible… C’est resté en moi…
Parmi mes souvenirs les plus affreux ? Quand j’ai vu un tas de cadavres, des gens morts dans la nuit, de mort naturelle à Auschwitz…
Si on arrive à sortir d’Auschwitz, il n’y a plus rien qui vous dégoûte et qui vous choque, vous avez vécu le pire. Ma soeur l’a écrit dans son livre, dit dans un film, elle a espéré, prié que je meure parce que je n’en pouvais plus…
Quand vous vous étouffez dans votre crasse, votre saleté, que vous avez faim, vous vous dégoûtez vous-même… Le pire, en dehors des fours au-delà de l’imaginable, c’était la dégradation qui nous privait de toute dignité. Ça, je ne le pardonnerai jamais à ceux qui nous ont fait subir ça !
À Belsen, les allemands nous battaient moins… À Belsen, on couchait sur les cadavres… En avril, je ne dormais plus dans la baraque, il y avait des morts partout… mais dehors…
À Belsen, je ne me portais pas trop mal, j’avais survécu à Auschwitz… Là, ils nous faisaient porter les cadavres, attachés avec des ficelles, on les tirait… Je n’en avais plus la force…
Le souvenir qui m’a redonné espoir ? Quand ils ont fait sauter les fours crématoires…

L’OUBLI EST IMPOSSIBLE

Sur son bras gauche, un matricule, tatouage indélébile : 70159.
Pourtant Renata n’a jamais rien écrit sur les camps. Elle a commis un seul roman : "Familien Spiele", paru en 1975.
Pourquoi jamais rien sur les camps ?

C’est une question de pudeur… On ennuie les gens si on parle…
Je me souviens d’un dicton allemand très connu : "rie, et le monde rie avec toi. Pleure, et tu pleures seule".
Primo Levi est pour moi le plus grand écrivain sur les camps…

Comment fait-on pour vivre avec ça, le poids de ce passé ?

Ma soeur vit avec "ça", parle de "ça", tout le temps. Moi, non.
Quand elle a perdu son mari, juste lors de la sortie de son livre, La violoncelliste d’Auschwitz, publié tout d’abord en Angleterre en 1996, puis en Allemagne, et enfin par Albin Michel en 1998, elle faisait des conférences, en parlait partout.
Et elle s’était juré de ne plus mettre les pieds en Allemagne…
Elle est athée. Moi, non. Je suis croyante. Sans ça je n’aurais pas pu survivre…
L’oubli ? On n’oublie pas. Ce n’est pas possible. J’ai une vie très active. Journaliste jusqu’en 1985, je travaillais pour la BBC, la télévision en Allemagne, je faisais des reportages pour la ZDF (2° chaîne), et beaucoup aux États-Unis où je m’occupais de problèmes raciaux…

Avec le recul, ne doutez-vous pas de ce que vous avez vécu ? Cela ne vous paraît-il pas tellement impossible, impensable ?

Auschwitz ? Me dire que ce n’était pas possible ? En détail, oui. Je me dis, ce n’est pas possible… Mais je sais que c’est possible !

Les allemands ressentent-ils un sentiment de culpabilité ?

Ça dépend avec qui vous en parlez… Voici quelques jours en Saxe, lorsque le parlement a demandé une minute de silence à la mémoire des juifs morts, les élus de l’extrême droite ont quitté la salle…
On a pu lire que le chancelier Kohl a dit "J’ai la grâce d’être né à une époque où je ne pouvais pas être coupable"
La grâce ? Tous ceux qui ont commis ces crimes terribles ne sont plus là…

Quel fut le déclic, en Allemagne ?

Le film Holocauste. Diffusé en 1979. Les allemands ont pu s’identifier à tous les personnages. J’étais invitée à participer à tous les débats.
Mais mon opinion était mitigée. Chaque personne qui a été déportée a pu voir que les acteurs étaient trop bien nourris ! Pour moi le seul document filmé qui se rapproche le plus de ce que nous avons vécu est La Liste Schindler.

Et Renata nous montre une photo d’elle à Bergen Belsen, parue dans un journal…

"J’avais de très beaux cheveux, très longs, j’étais très brune. On m’a rasée de haut en bas et tatouée".

Juifs, leurs parents avaient été déportés début 1942 : "Avocat, mon père, officier allemand, décoré, pensait qu’eu égard à cela rien ne pouvait nous arriver. On aurait dû partir en 1933, lors de l’avènement d’Hitler. Ou en 1935. C’était encore possible, jusqu’en 1938… Mais on n’était pas les bienvenus, pas tous des Einstein ! Nous voulions aller aux États-Unis, mais il y avait des quotas, nous étions sur une liste de Polonais. Il n’y avait pas d’espoir…
L’Italie ? Mes parents m’avaient envoyée en 1938 dans un pensionnat à Florence. Lorsqu’un an plus tard je suis revenue dans ma famille pour les vacances, on m’a pris mon passeport à la frontière et je n’ai pas pu repartir.
Déporté, mon père a pu nous faire passer une carte postale de Pologne. Il y avait écrit un psaume de la Bible "Je lève les yeux vers le ciel d’où j’attends…"
Lorsqu’on la reçut, je savais que ma mère avait déjà disparu.
Là-bas, on leur faisait creuser leur propre tombe avant de leur tirer une belle dans la nuque.
Quand mes parents ont reçu l’ordre de leur déportation, Anita et moi voulions aller avec eux. Mon père a refusé et nous a dit "là où l’on va, vous irez assez tôt".
Il avait entendu des bruits qui couraient sur les transports… Mais sur les choses horribles, beaucoup plus tard…

QUAND ON A SURVÉCU À AUSCHWITZ, LE PIRE EST PASSÉ…

Comment parvient-on à survivre ?

Vous ne réfléchissez plus.… Au début on avait très peur ! Le soir, ils choisissaient ceux qu’ils allaient gazer. On les mettait nus. On entendait crier. On avait peur. Cela allait-il nous arriver ?
Peu à peu on s’habitue à l’horreur. On pense juste "Est-ce que je vais me réveiller demain, vais-je tenir le coup ? Ne va-t-on pas trop me frapper ?
Si j’ai survécu c’est que nous étions deux. Pas dans la même baraque. Ma soeur, dans celle réservée à l’orchestre était traitée de façon plus humaine. Dans la baraque où l’on m’avait mise avec une centaine de personnes, nous dormions les uns collés contre les autres sur une sorte d’étagère de bois où je me blottissais dans une mauvaise couverture pleine de poux.
Au début, j’ai enlevé mes chaussures pour les mettre sous ma tête. Au petit jour, elle n’y étaient plus, on me les avait volées… Après je dormais tout habillée. On perd très vite ses repaires…

C’est grâce à ces chaussures noires à lacets rouges que vous retrouvez Anita ! C’est une histoire extraordinaire !

Je suis arrivée à Auschwitz avec un transport de criminels ! Nous portions tous un numéro sur un triangle : noir pour les criminels, rouge pour les politiques, rose pour les homosexuels. Je voyageais seule à l’écart. Le lendemain ils se sont occupés des prisonniers arrivés la veille au soir. On vous rasait les cheveux, vous tatouait. Alors qu’on me rasait, j’ai aperçu au sol une paire de chaussures… Je les reconnus ! Elles avaient été de couleur claire, les trouvant peu à notre goût nous les avions teintes avec de l’encre noire. Comme le résultat était un peu triste, nous avions mis des lacets rouges. Anita les portait. Et elles étaient là, devant moi !
À la prisonnière qui me rasait j’ai demandé "À qui sont ces chaussures ?
"À une fille qui est arrivée il y a une semaine. Elle joue du violoncelle" m’a-t-elle répondu…
J’avais cru ne jamais revoir ma soeur Anita… Tout d’un coup elle était là, devant moi, chauve comme un bel enfant de coeur : elle avait le crâne rasé, mais était chaudement vêtue : on soignait les musiciennes de l’orchestre, on en avait besoin !
Moi, rasée aussi, j’étais habillée de chiffons…
Revoir Anita fut pour moi une véritable renaissance ! Oui, je peux vraiment appeler cela une renaissance !

JE N’AI PLUS TELLEMENT DE TEMPS, C’EST POUR ÇA QUE JE PARLE

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Renata à Bergen Belsen lors de sa libération. à gauche.

Renata nous confie avoir eu, depuis l’après-guerre, une chance inouïe.

Dans une cafeteria de la BBC j’ai rencontré Klaus !. Nous nous sommes mariés en Écosse en 1961. C’est toujours un mari formidable.
Avant les camps, je voulais devenir chanteuse. Le journalisme ce fut par hasard, à la libération. Un officier anglais, le captain Alexander, nous a sorties de Belsen en catimini, le 26 décembre 1945.
Je fus ensuite interviewée par Gordon Walker, journaliste à La BBC devenu ensuite ministre des Affaires Étrangères. Je tapais à la machine avec trois doigts, "je n’ai rien appris", lui dis-je.
Il m’a proposé de venir travailler à La BBC et nous a aidées à avoir un visa pour l’Angleterre.

Faut-il avoir foi en l’humain, ou est-il pour vous fou, mauvais ?

Je pense qu’il est surtout bête. Il ne se rend pas compte. Il part faire la guerre, revient mutilé à jamais. La faiblesse humaine. J’ai rencontré dans les camps des gens que je n’aurais jamais côtoyés dans la vie… Issus de milieux modestes, certains devenaient fous dès qu’ils avaient un pouvoir sur les autres : ils se plaisaient à nous humilier, à faire pleurer… Rendez vous compte, on leur donnait le pouvoir de tuer ! Qu’on tue des êtres vieux et finis devenus à moitié animaux… Mais des enfants, des bébés ? Ils ont jeté des gens dans les flammes après la destruction des crématoires… des juifs hongrois, les derniers arrivés… ils les balançaient dans le feu. Je l’ai vu…
Non, je suis pessimiste. C’est sans espoir…
On dit que je suis froide ? C’est pour cela. Il y a mon âge, mon cercle d’amis s’est beaucoup rétréci. On est forcé de devenir très égoïste. On espère pouvoir rester décent et digne. Aider ceux qui n’ont rien. Mais, même pour Israël, j’ai un tout petit espoir que cela s’arrange, mais même là, je ne suis pas sûre".

Le mémorial, à Paris ?

Ce n’est pas une mauvais idée. Elle est venue de Washington, de ce monument élevé à la mémoire des morts du Vietnam. En mai, en Allemagne, sera inauguré à Berlin un grand monument en mémoire de l’holocauste. De grandes discussions attestent de l’inquiétude des allemands qui ont peur de graffiti et autre souillure…

Décorée l’année dernière par le gouvernement allemand pour ses actions en faveur de l’entente franco-allemande, Renata LASKER-HARPPRECHT membre des Anciens combattants, à La Croix Valmer, reçut après la guerre la Reconnaissance Française. Pour avoir aidé des prisonniers français à s’évader de Breslau en faisant pour eux de faux papiers.
Pour fuir, elle avait elle-même établi les siens au nom de Madeleine de Montaigne : "Montaigne, je trouvais ce nom très bien !"

Vous est-il arrivé, parfois, de penser à la vengeance ?

Non, il ne faut pas avoir d’esprit de vengeance. Il faut aimer la vie, sinon ce n’est pas la peine de continuer. Il ne faut pas ignorer le passé. Sans passé il n’y a pas d’histoire. Sans histoire, il n’y a rien.
J’ai eu la possibilité de me venger lorsque les anglais sont venus nous libérer à Belsen. Un officier anglais a dit "Je vous choisis quelques femmes allemandes, vous pouvez faire d’elles ce que vous voulez".
J’ai dit "Vous êtes fou !"
Se venger, c’est bon pour la mafia, la camora. Ça ne fait pas revenir les êtres chers !

Comment peut-on vivre encore, après…

Renata évoque un des cauchemars qu’elle fait régulièrement, encore et toujours :

Mes parents viennent et nous reprochent de ne les avoir jamais cherchés…

Après Belsen ? Je n’ai pensé qu’à l’avenir. Je voulais faire des choses formidables -je ne savais pas quoi !- mais bouffer la vie à pleines dents !
Et l’on a choisi de finir nos jours dans ce coin merveilleux. Le pessimisme reste pour les moments noirs. Surtout depuis que je me suis aperçue que, même moi, je ne suis pas immortelle, depuis que ma santé m’a laissée un peu tomber.
Mon passé n’est pas le passé de tout le monde. Mais maintenant je suis comme tout le monde ! mortelle !

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1 Message

  • > Renata Harpprecht, matricule 70159, évoque l’enfer d’Auschwitz

    15 décembre 2006 08:28, par Suzanne Bujold
    Je termine le livre écrit par Alicia, la soeur de Renata. Depuis l’attaque terroriste à New-York, j’ai voulu retourner lire sur la Shoah. Mon fils de 16 ans et ses amis se réjouissaient de cet attentat, ils portaient un foulard de l’Islam. J’ai été déchirée, un de mes oncles a combattu pendant la 2ième guerre mondiale, il a reçu une balle dans la tête qui s’y trouve toujours ; comme la plupart il disait jamais d’autre, les gens n’oublieront pas. Un professeur d’histoire au Canada enseignait à ses élèves que l’holocauste était une pure invention des Juifs. Je remercie Renata et sa soeur de parler, de raconter, d’appeler les choses par leur nom. À New-York c’était un massacre, c’est inacceptable peu importe la politique du pays, que l’on soit pour ou contre. Vous a-t-elle dit ce que nous, gens ordinaires pouvons faire pour aider. Il est impératif que leur message, leur témoignage soit entendu. Dans peu de temps, les témoins vivants ne seront plus là ! Je ne puis que m’incliner devant ces personnes. Intolérance, intégrisme, fanatisme ne doivent pas se répandre, on doit être vigilant, afin que les victimes de crimes haineux n’aient pas souffert le pire en vain. P.S. Mon fils ne porte plus son foulard depuis qu’une jeune musulmane qui marchait sur le trottoir et lui souriait, a brusquement baissé les yeux craintive en apercevant son foulard. Il en a été très secoué.

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