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Making love without a kiss

jeudi 7 juin 2007, par Marlène T.

Lui et moi ça a commencé par hasard. Entre deux niveaux, dans un ascenseur bondé des Galeries Lafaillite. Echange de regard. Le courant est passé. Atmosphère saturée de phéromones. Les autres n’ont rien remarqué. Enfin, je crois…

Les portes ont coulissé sur le troisième. Je suis sortie. Lui aussi. Quête du septième ciel.

- Mademoiselle ?

Sa main sur mon épaule. Morsure d’un frisson au creux de mes reins. Je me suis retournée.

- Pourriez-vous m’aider s’il vous plait ?

- Oui, bien sûr !

Son regard en forme de caresse, le mien arrimé à ses lèvres.

- Je cherche un cadeau pour ma fiancée.

Douche froide. J’ai accusé le coup sans ciller. Professionnelle jusqu’au bout des regrets.

- Vous avez déjà une idée ?

- Pas la moindre… Un bijou, qu’en pensez-vous ? Les femmes aiment les bijoux, non ?

- Dans ce cas, vous allez devoir redescendre. La bijouterie est au second. A droite juste après la parfumerie. Une collègue vous conseillera.

Nœud à l’estomac et cœur en vrille. J’ai tourné les talons ; ravalé ma fierté et mes désirs qui s’étaient pris pour la réalité. Le quart d’heure de pause réglementaire m’attendait, à défaut d’autre chose. Une cigarette vite ! Et effacer cet homme de la liste de mes envies…

Mais il m’a rattrapée.

- Attendez !

J’ai hésité.

- Mademoiselle, attendez ! Et vous, dites-moi, quel est votre rayon ? Pitié ne me répondez pas "les cravates" ou "les coupe-cigares" !

J’ai pivoté, un sourire accroché en coin.

- Les sous vêtements féminins.

Il s’est approché. Murmure soufflé à mon oreille.

- Si vous saviez l’effet que vous me faites…

Troublée, j’ai tenté de recouvrer un semblant de sang froid.

- Quelle taille fait-elle ?

- Diable, êtes-vous toujours aussi directe avec les hommes ?

Comble de l’embarras, les joues en coquelicots.

- Mon Dieu, non, je parlais des mensurations de votre fiancée !

Une heure plus tard, nous faisions l’amour dans une cabine d’essayage. Je me moquais de son infidélité. Ma culpabilité balayée sous le tapis du désir, la morale au placard. Envoûtée, offerte et gourmande. Contre sa peau, entre ses mains, dans sa bouche, sous son regard…

Nous nous sommes revus souvent, le jour, la nuit, dans toutes sortes d’endroits. Fast sex cuisiné aux petits oignons. Accro, j’ai fini par lui laisser un double de mes clefs. Il apparaissait au creux de mes rêves, à pas d’heures. J’entendais le bruit de la porte. Ses pas dans le couloir. L’odeur de son after-shave. Comme d’une chrysalide il s’extirpait de ses vêtements. Du bout du pied je repoussais les draps. Son corps dans mon corps. Lové jusqu’au petit matin.

Puis ses visites ont commencé à s’espacer jusqu’à ce que je décide ne plus les espérer. Etonnamment cela ne m’a pas bouleversé plus que ça. La chair n’est pas le cœur…

Résurgence de souvenirs enfouis - Tiens, c’est étrange, je n’y avais pas prêté attention à l’époque : Il me faisait l’amour sans même m’embrasser… - Allez savoir pourquoi tout cela s’affiche soudain sur l’écran trouble de ma mémoire, au beau milieu de la nuit, au coeur de l’insomnie. Est-ce à cause de ce grincement si particulier, ou des bruits de pas dans le couloir. Non, je dois sans doute rêver.

Je passe beaucoup trop de temps à rêver…

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