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The Great Pablo Moses

So Natural Mystic...

dimanche 3 mai 2009, par Laetitia Tendart

Il est des artistes qui ont le don d’effacer le temps et de vous transporter dans leur monde. Parmi eux, Pablo Moses. Le 29 Avril 2009, jour de mon anniversaire, il a transformé les planches du CCO en une verdure chatoyante et mon année supplémentaire en un feu d’artifice d’émotions. Un retour aux sources du reggae roots qui a mis du baume au cœur.

Pablo monte sur scène juste après U-Roy. Une grande partie du public est en pause clope et il arrive presque anonymement, accueilli par quelques applaudissements. Il commence en douceur et l’ambiance va aller crescendo.

Quand il entame « Dubbing is A Must », il y a comme un esprit de communion qui s’abat sur le public : des sourires se forment sur les visages, les corps ondulent et tanguent. Sa voix apaise les esprits. C’est un déluge de sensations fortes qui traverse les âmes et éveille en même temps les sens. Chacun est dans son trip, se réfugiant dans le monde du lead vocal. Pablo Moses chante, le public danse. Il transmet au public une énergie positive. Impossible de rester impassible. Les paroles vont droit au cœur, les corps balancent au rythme de sa voix. Les mélodies prennent aux tripes. La chanson s’étire en longueur et le Dub succède au reggae. Les musiciens jouent et les vibrations des instruments partent des pieds et montent rapidement jusqu’à l’épine dorsale. C’est l’apothéose ! Le public vogue sur les gammes musicales, tangue sur les partitions, il est en parfaite osmose avec la musique. Les poils se dressent et le dub guide les pas. A ce moment précis le temps s échappe, c’est une grande épopée vers le bonheur, le calme, la tranquillité, le soleil, la mer, l’amour... La musique transcende, vole au-delà des murs du CCO. L’extase !

Pablo Moses le sait, le public aime les artistes qui communiquent, et c’est tout naturellement que ce rastaman échange avec lui quelques paroles de paix, d’amour, d’unité et d’encouragement. Il a plusieurs cordes à son arc : sa voix, sa gestuelle et l’impulsion qu’il transmet au public qui le lui rend bien. Les premières notes de « Pave the way » raisonnent et c’est reparti pour un nouveau coup de chaud. Dans la salle obscure, on aperçoit des regards satisfaits, des bras tendus et des cris s’échappent : on entend tantôt un « Ddrrr », un « Bless » ou une onomatopée propre à soi, chacun en signe d’approbation pousse un hurlement de satisfaction, de joie. Le reggae roots dans toute sa splendeur envoûte, emplit la salle d’amour, du « One Love » en live. Tandis qu’il fredonne « Pave the way », la foule répond « Rasta », et l’imaginaire suit sa route, vers Zion, la tension monte. Il est comme investi d’une mission, celle de rappeler les préceptes du Rasta, le LIVITY « Rasta never take heroïne... ». Le monde de Pablo est à portée du micro, un petit coin de paradis où les hommes seraient égaux de Kingston à Lyon en passant par l’Australie. Un monde où le rasta ni ne dealerait, ni ne snifferait de la cocaïne, un havre de paix tout simplement. "In this world of sin, we’re all the victims ! ", il enchaine des paroles et sûrement des prières pour le respect de l’Homme, de la vie, de la nature. C’est dans cette ambiance qu’il enchaine « Ready, aim, fire », un appel à la révolte : le public suit et décolle. Des poings se dressent et les gens hurlent le refrain à plein poumons, histoire de se convaincre qu’on est prêt à tout incendier pour que nos droits reprennent le dessus sur Babylone.

Après un rappel Pablo se retire sous les cris et applaudissements de la foule conquise par ce chanteur hors- pair. Moi, je vieillis en beauté !

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