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Les hommes sont condamnés parce que leurs « femmes » ont été tuées !

jeudi 26 avril 2007, par Aïssatou Diamanka-Besland

Octobre 2006, « La malédiction de naître fille » est le titre du film documentaire de Manon Loizeau et d’Alexis Marant diffusé sur Arte. Titre qui fait froid dans le dos, si l’on sait que 100 millions de bébés sont tués avant ou après la naissance parce qu’ils ont eu le tort d’être nés filles « charges inutiles » ou des « missing women ».

« Missing », disparues, perdues. « Missing » pour ne plus exister. « Missing » parce que les hommes en ont décidé ainsi. « Missing » parce que la tradition l’a décidé aussi. Missing parce que leur vie est sans importance. « Missing » pour ces filles aux âmes volées en Inde, au Pakistan et en Chine. Là où l’arrivée du bébé dans un couple n’est fêtée que s’il est un garçon : le « sexe fort », le « viril », l’héritier. Là où des craintes, des doutes, des pleurs, des déceptions, des frustrations et pire encore, la mort accompagnent la naissance d’une fille. En Inde, l’arrivée d’une fille représente un poids financier sur la famille, car pour qu’elle se marie le moment venu, les parents doivent payer la dot. En Chine, l’honneur est fort, oui l’honneur ! Pour défendre cet honneur il faut un garçon, surtout si c’est le premier enfant. Des milliers de filles sont ainsi tuées pour que l’honneur de la famille ne soit pas taché. En Inde, si toutefois la fille échappe à la mort, cette dernière les rattrape comme une boule de feu catapultée dans l’espace, plus tard dans sa vie conjugale si le mari meurt avant elle. Elle est tout simplement incinérée avec le cadavre du défunt.

J’écris cet article et mon esprit s’échappe pour se poser sur ces mots que j’avais entendus de la bouche d’une femme originaire de la Mauritanie qui présentait son fils à son cousin, « Je te présente mon héritier ». Continuant à tendre l’oreille, j’avais compris que la jeune fille qui était à côté d’elle n’était autre que sa propre fille, mais elle n’avait pas été présentée comme étant l’héritière, elle. Son petit frère lui avait damée le pion… Juste une petite histoire en passant !

Revenons en Inde, avec l’arrivée de la technologie tout porte à croire que c’est magique de voir son bébé sur le petit écran d’ordinateur en train de sucer son pouce dans le ventre. Le 3D est allé plus loin, les formes sont plus nettes, plus impressionnantes. Cette révolution pour les femmes enceintes a aussi révolutionné la manière de tuer les filles dans le ventre de leur mère avant leur naissance. Pour échapper à la honte ou à la répudiation, l’infanticide reste aussi une pratique étendue. Des corps de bébé sont retrouvés étouffés dans des sacs plastiques. Elles sont tuées volontairement par leur propre mère, noyées ou étranglées parce que pour faire plaisir aux hommes. Ils veulent des fils. Oui des mâles ! Des « mal-s » qui vont eux aussi perpétuer les mêmes actes que leurs pères !

Plus tard, ces bébés mâles choyés, pouponnés, désirés subiront les conséquences de l’acte barbare qu’avaient commis leurs parents, en éliminant les filles pour défendre je ne sais quel honneur ! Actuellement, ces mâles trentenaires ne peuvent pas trouver de femme à marier car celles de leur génération ont été exterminées. Ceci favorise un trafic de femme à marier dans certaines villes ou villages, vendues à des prix défiant toute concurrence comme du bétail, sujet à être partagé par plusieurs hommes de la même famille. Une autre forme d’esclavage qui ne porte pas de nom. Des viols collectifs sont commis par ces hommes avec leur libido effrénée … Au secours ! Je n’en peux plus. Je pense que je vais me suicider !

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