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Harlem Quartet

vendredi 13 novembre 2009, par Laetitia Tendart

S’il est un roman de la littérature Afro-américaine à lire, c’est celui-ci. Je viens de le refermer et j’en ai encore des frissons. Harlem Quartet, est un véritable hymne à l’amour fraternel dans lequel la violence, la tendresse et l’érotisme écrivent les pages au rythme intense du Gospel. Un vrai petit chef-d’œuvre...

« Cette saloperie de sang jaillit d’abord à travers ses narines, puis fit vibrer les veines de son cou, explosa en torrent écarlate dans sa bouche, atteignit ses yeux, l’aveugla et le fit choir, choir, choir, choir… ». C’est ainsi que Hall Montana, le narrateur, commence son récit. Par la mort d’Arthur, son frère. Dès les premières lignes, on souligne la violence des mots qui fera partie intégrante du roman.

L’histoire se passe à Harlem dans les années cinquante où quatre adolescents se lient d’amitié et scellent leur destin. Julia, une fillette évangéliste, prêche avec ferveur dans les églises où accourent chaque dimanche des fidèles embrasés par le Saint-Esprit. A ses côtés ou plutôt dans l’ombre, Jimmy son petit frère est délaissé par des parents trop occupés à soigner l’enfant bénie. A quelques rues de là, Arthur, jeune prodige, fait ses premiers pas dans le Gospel avec ses amis Crunch, Red et Peanut sous l’œil admiratif de son frère, Hall.

Après la mort d’Arthur, Hall revient avec amour et amertume sur trente ans d’histoires fraternelles et d’amitiés où se mêlent pudeur, foi, violence, drogue et érotisme. Il livre à cœur ouvert tous les aspects de la communauté noire. Celle-ci en proie à ses propres luttes, démons et passions. Il aborde sans détour les thèmes de l’homosexualité, du racisme, de la ségrégation, de l’inceste et bien sur celui de l’amour.

C’est dans un contexte social difficile que Julia, Arthur, Jimmy et Hall vont grandir. La vie de Julia va prendre un tout autre tournant après le décès de sa mère. Jimmy sera séparé de sa sœur et gardera secret son amour pour Arthur. Hall, quant à lui, devra combattre la Corée au côté d’une Amérique Blanche où sévit encore le lynchage des noirs dans le sud. Arthur découvrira son homosexualité dans les bras de Crunch.

Au fil des pages, le lecteur se laisse surprendre par la peur, emporter par la révolte et se laisse finalement conquérir par la douceur des sentiments. James Baldwin exprime par la voix de Hall le trouble de la société Américaine. A cette époque, Harlem est le berceau de la culture Afro-américaine, mais aussi le symbole d’un malaise racial. L’auteur dresse un portrait dur de Harlem. Un univers dans lequel les souffrances, l’amour, la religion et la discrimination écrivent les partitions du Gospel. Il exhale la douleur et la douceur aux accents frénétiques du Gospel.

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- James Baldwin est sûrement l’un des romanciers les plus lus de la littérature Afro-Américaine. Il est né 2 août 1924 à Harlem, New York - 1er décembre 1987 à Saint-Paul de Vence et Harlem Quartet est son dernier roman.

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