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Je m’appelle Q

lundi 9 mars 2015, par Séverine Capeille


Une toute petite queue.
Une toute petite queue et c’est le ridicule. Sans elle, j’aurais pu être une voyelle. Mais non. Je me retrouve la treizième consonne de l’alphabet latin. Rien de moins. Tout ça à cause d’une excroissance sur le côté. Et ce n’est pas tout. Demandez à certains de me prononcer, ils feront la fine bouche, m’articuleront du bout des lèvres. Il paraitrait même que parler de moi serait parfois déplacé. C’est ce que racontent les bigots, les … de bénitiers. Ça fait rire mon voisin P. Tous les deux, on est comme moi et chemise, inséparables complices jusqu’au fond des WC, d’où l’on entend parfois hurler celui qui s’aperçoit, trop tard, que nous manquons cruellement quand vient le moment de s’essuyer. Qu’est-ce qu’on se marre ! Ça, pour les blagues, mon ami P. n’est pas le dernier. Ce n’est pas comme l’autre, qui me regarde toujours avec un drôle d’R. Aussi rigide et sonore que P. fait le pitre dans des bruits de courants d’air. Lui, je ne l’aime pas. Il me fait peur. Il me colle au …, toujours dans mes pas, sans que je puisse le semer ou me détourner de son regard sévère.
J’ai l’impression qu’il veut ma peau.

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