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SANGUE BOM « BlackStarLine »

SORTIE LE 11 JUIN 2012

vendredi 18 mai 2012, par Séverine Capeille

Mettre le CD dans le lecteur. Clap. Voir que la lecture s’enclenche toute seule. Patienter quelques secondes. Ne s’attendre à rien. En rentrant du boulot. Ne s’attendre vraiment à rien, en portant à la bouche une gorgée de thé chaud. Entendre les premières notes. Bon. Se dire que c’est l’introduction. Penser encore à sa journée. Se dire qu’il y a plein de trucs à finir, à ne pas oublier… Mais étendre ses jambes. Se dire que demain… S’enfoncer dans un coussin. Se rendre compte que le thé est trop chaud. Souffler. Entendre des voix commencer à chanter. Sentir que la respiration commence à s’apaiser. Souffler pour de bon. Pour de vrai. Pour toute la fatigue accumulée. Accorder son rythme cardiaque aux pulsations de la guitare. Regarder l’heure. Constater qu’il est déjà tard. Mais décider, sur un accord, d’ouvrir un doc. Word.

Début de la deuxième piste. C’est quoi ce disque ? SANGUE BOM ?
Chercher le dossier de presse dans l’enveloppe. Vide. Se souvenir l’avoir vu sur la table. Se mettre à fouiner au milieu d’une montagne de papiers. Le trouver dans un sourire. Commencer à lire. Découvrir que Sanguebom est un artiste français. Quel âge ? Aucune idée. Passionné depuis l’âge de treize ans. Il s’est intéressé à différents genres. Dans l’ordre : Fusion et Hardcore, Hip Hop, reggae, musique électronique. Découvrir qu’il a fondé un collectif (Orbeat) et un label (Donotcross-Records). Passionné donc. Sans aucun doute. Et ami d’un rappeur appelé Nino Brown, avec lequel il coproduit un album tout en préparant le sien. Celui-là. « BlackStarLine ». Arriver à la fin de la deuxième piste en featuring avec Abass Abass, ce rappeur qui chantait en 2007 « si j’te parle d’Afrique, c’est que moi j’y ai grandi ». Se dire que c’est cohérent de commencer avec cet invité-là pour un album imaginé lors d’un périple en Afrique. Pour l’anecdote, l’auteur était parti de Paris et avait rejoint Dakar au volant d’une Renault 21.
Temps d’arrêt.
Sourcils relevés.
Passionné et motivé. Combien de kilomètres ? Ne pas oser calculer. Ni imaginer… Préférer remettre le coussin, enfoncer la tête, s’étirer sur les premières notes de « Meaness & Profit ». Et laisser le charme opérer. Laetitia Dana, qui était en mars dernier la marraine de l’événement Afrik’Art (dont les fonds permettent la scolarisation d’enfants camerounais) et qui a également participé à la Semaine de la femme (Meudon), est l’hôtesse de l’air d’un vol qui traverse des nuages de Soul. Avoir envie de découvrir son album prévu pour fin 2012. Vouloir confirmation en avançant à la sixième piste. Reconnaître qu’elle se débrouille plutôt bien dans un registre hip hop. Pousser l’investigation jusqu’à la dernière chanson de l’album, sa troisième participation. Pressentir une belle carrière. Définitivement décider de suivre son évolution. Mais revenir à la quatrième piste, et reprendre le périple, comme on reprend la route après une pause, ou une conversation après une digression. Rochelove Dhayvàa, originaire des Antilles, indique le chemin à suivre. Le temps de remarquer qu’il était déjà présent sur « A Free-K », cette introduction qui avait encouragé l’ouverture du doc. Word, que Jah Guidi prend le relai, signant avec « Samouraï » sa première sortie officielle. Aimer le timbre de sa voix grave. Fermer les yeux. Vouloir percevoir chaque instrument, jusqu’à la dernière note de ce Dub envoûtant. Risquer de s’endormir en souriant. Mais remercier la pertinence de l’enchaînement. « Blu » offre des horizons festifs. Reprendre la balade. Agiter un pied. Le flow énergique de Jamalski parvient jusqu’au fin fond du canapé. Bouger la tête. De haut en bas. Se laisser embarquer par ce vétéran du ragga-hip hop dont le premier album, en 1991, avait été enregistré aux côtés de KRS One. Regretter ces années-là. Se dire que c’était mieux avant. Que tout fout le camp… S’interrompre brutalement. Réaliser la platitude de l’expression et se sentir vieillir.
D’un coup.
Passer les pistes 8, 9 et 10 on ne sait où. Ailleurs. Loin. Quelque part où le temps n’a plus d’importance. Où le soleil et la pluie se confondent en arcs-en-ciel. Où les émotions sont universelles. S’abandonner. S’absenter à soi-même. Libre de laisser couler les minutes et de rêver. Considérer que de nos jours, c’est une forme de résistance.
« Resistencia », entonne Jamalski.
Le revoilà sur l’avant-dernier titre d’un album confectionné à la maison, dans une chambre de bonne sous les toits de Paris. Un album brillamment réussi. Non seulement SANGUEBOM s’est entouré d’invités prestigieux, mais il a également collaboré avec un deejay (Jimi2times) qui a su poser de savants scratchs sur ses compositions, et des musiciens talentueux : Dany’o à la basse ainsi qu’Isaac au trombone, deux anciens de la Malka Family. C’est déjà beaucoup. Mais ce n’est pas tout. « BlackStarLine » a été mixé par le légendaire Mad Professor et son disciple Joe Ariwa, au non moins mythique Ariwa Studio à Londres !
Entendre Laetitia Dana une dernière fois.
Une fin comme un retour aux sources.
Le début des retours sur chaque piste.
Apprécier la musicalité de chaque titre, la cohérence de l’ensemble.
Un opus considéré par Mad Professor himself comme une « Good Revolution ».
Et se dire qu’il a raison.

***

Tracklisting :
01. A Free-K Feat Rochelove Dhayvàä
02. Baifale Feat Abass Abass
03. Meanness & Profit Feat Laetitia Dana
04. Vodun Feat Rochelove Dhayvàa
05. Samurai Feat Jah Guidi
06. Blu Feat Laetitia Dana
07. Metroblaster Feat Jamalski
08. Doowap
09. Bigodinho
10. Motel el Queso
11. Resistencia Feat Jamalski
12. Rolling Feat Laetitia Dana

SANGUE BOM “BlackStarLine”
www.iwelcom.tv/sanguebom
www.sanguebom.fr/blackstarline
SORTIE LE 11 JUIN 2012

LES INVITES

Jamalski
Originaire de New York, Jamalski fait figure de vétéran du ragga-hip hop, un genre qu’il a largement contribué à populariser.
Il fait des débuts remarqués au sein du groupe de rap américain BDP ("Boogie Down Productions"), puis enregistre son premier album en 1991, "Edutainement", aux côtés du célèbre rappeur KRS One. Par la suite, il collabore avec de nombreux artistes tels que Dee Lite, Brand New Heavies, Wildchild ou Qaballa Steppers. En 1992, son single « Jump, Spread Out » s’écoule à plus de 200.000 exemplaires, il sera suivi de l’album "Roughneck reality" (1993). En 2001, il sort l’album "The Roughneck Reality Massive", puis livre l’opus "Ruffnecks Revenge" en 2005.

Abass Abass
Né au Sénégal, Abass Abass, alias El Hadj Abass Sow de son vrai nom, a été initié dès son plus jeune âge à la musique. Il écrira ainsi ses premiers textes au début des années 90, inspiré par l’apparition du mouvement hip hop dans les rues de Dakar. Dès 1995, il se fait rapidement un nom avec la création du groupe "Double A". En 2001, il enregistre un premier album solo intitulé " Zibizizaba". Quatre ans plus tard, il livre l’opus " Président de la rue Publik", suivi des albums "X Commandements" (2008) et "Analyse, épisode 1" (2010). En 2012, il sort son cinquième album : " Analyse, épisode 2".

Laëtitia Dana
Laëtitia Dana est une artiste française, d’origine ivoirienne et juive-tunisienne. Elle mélange habilement les influences Soul, Jazz ou Hip Hop. Sa carrière débute en 2008, elle a notamment assuré les premières parties de Michael McDonald (membre des Doobie Brothers, gagnant d’un Grammy Award en 1980), Ryan Leslie ou Féfé. Laëtitia Dana a aussi remporté le concours " Def Jam/Adidas Contest" en 2009. En 2011, elle fait paraitre le single "Courant d’air".

Jahguidi
Alors qu’il n’est encore qu’un petit "country boy" antillais âgé de 7 ans, Jahguidi débarque à Sarcelles. Il grandit dans les années 80, avec la Zulu Nation et découvre son amour de la musique hip hop avant de réaliser ses premiers freestyle au début des années 90. Rasta militant, imprégné des idées de Malcom X et Marcus Garvey, Jahguidi est le porte-drapeau d’une génération consciente, élevée à l’école des sounds systems.
Prophète officiel du Congrès E.A.B.I.C (Congrès Noir Africain Éthiopien International), il participera à de nombreuses mixtapes avant d’enregistrer son premier single officiel avec Sanguebom.

Rochelove Dhayvàa
Invité mystérieux de l’album, l’artiste antillais Rochelove Dhayvàa aime à se décrire comme suit : né quelque part, ici et là, entre ciel et terre, il n’est probablement que le fruit du hasard de la rencontre clair-obscur : enfant du soleil et de la lune.
Véritable disciple des mystères de la nature, plus tard il s’inspirera du chant elliptique des étoiles, pour écrire "La Symphonie Symbiotique Universelle". Orphelin de ses œuvres, il s’abandonne et offre son âme au "Tout-Monde" dans l’espoir de trouver la vibration exacte et le scintillement de ce que l’on appelle l’Amour… Tout est matière à raconter des histoires, à explorer les genres, à transcender les vérités. Sa Vérité, qu’il ne cessera jamais de clamer "Tout est un, indivisible, indicible, invincible, incommensurable…à la mesure de notre volonté".

DJ Jimi2Times
Après de longues années passées derrière une basse pour le compte de divers groupes Punk et Fusion, le français Jimi2Times se tourne vers le Hip-Hop et plus particulièrement le Turntablism dans le courant des années 90. Il collabore avec Sanguebom depuis 2005 au sein du collectif Orbeat et Donotcross-records.

*

Les visuels sont signés par l’artiste français Grems (également rappeur sous le nom de Supermicro). Graphiste et graffeur, il a notamment réalisé la dernière campagne Imagine-R (RATP, SNCF et Transilien) et les visuels du label Deehop Panel. Grems est membre du collectif TT Crew, il a été exposé à Mexico, à Bordeaux et au Centre Georges Pompidou à Paris.

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