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Virago

Un texte écrit par Arena Maï

lundi 12 mars 2012, par Le Collectif Sistoeurs


Image qui me ronge, impose à ma rétine
Le spectacle affligeant d’une femme qui meurt.
Spectacle terrifiant d’un corps qui me fascine
Dans une lutte infâme, et que vainc la douleur.

Je suis à son chevet, et mes yeux sont témoins
Du massacre hasardeux d’un corps que je chéris,
D’une abomination qui ne prend pas le soin
De t’épargner sa foudre, apaiser sa folie.

Maladie ! Rends la moi, rends moi à sa présence.
Rends moi son sourire et ses bras accueillants...
Cesse de décharner, de ton haleine rance,
Ce corps qui célébrait la vie en tous ses chants.

Rends la moi ! Je ne veux, ne peux l’abandonner
Cette femme à laquelle tes démons aspirent
Et dont ta jalousie rêve de m’amputer !
Mais comment m’amputer de tous mes souvenirs ?

Tu n’as aucune emprise sur les quelques legs
Que sa voix, chaude encor, nous avait accordés.
Elle a posé sa marque. Ce qu’elle nous lègue
Se trouve ancré en nous, nous en sommes imprégnés.

Ton poignard acéré m’a arraché ses bras.
Elle portait au ventre un poison fielleux
Dont l’amère morsure laissa sous le drap
Un cadavre écrasé sous tes mots mielleux.

Quand l’horrible naissance eut raison des humeurs
De ce corps encor chaud qu’elle avait emprunté
Alors se dégagea lentement la Tumeur,
Peut être un peu déçue d’être Roi, sans sujets.

Sa chair a succombé, mais jamais son esprit
Ne t’a laissé l’honneur de plier sous le joug.
Sa force la cabra : courage fut défi,
Et elle te piétine en étant à genoux.

Oui, elle t’a moquée, elle a croqué la vie
Et tes traîtres assauts n’en vinrent pas à bout.
Maintenant qu’elle est morte, elle est en tout pays ;
Un lavis coloré qui danse sans tabou.

Le vent transmet son nom ou caresse nos peaux.
Des forêts se dessinent quand meuvent ses doigts.
Elle est dans ses œuvres, en chacun de nos mots.
Elle est dans la Lune quand elle suit nos pas.

Cancer, Ô Virago, accepte de te taire.
Assume ton échec : non, tu ne l’auras pas
Cette femme à l’allure amazone, et guerrière.
Tu n’as eu que son corps, mais elle n’y est pas.

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1 Message

  • Virago

    12 mars 2012 20:17, par Sandrine Rotil-Tiefenbach
    Arena tu es bel et bien la digne et somptueuse Héritière avec ton cœur posé là dans tes mains que tu offres au travers de tes vers généreux, sanglants d’amour, de celle qui fut, est, et sera toujours ta mère, grande étoile scintillante lumière tes cris déchirent l’ombre et la rendent claire, oui tout ce que tu créeras en ce cruel Lendemain saura, comme Elle, plus haut que la nuit, avec Force et beauté féconde, par ton seul, vibrant regard, à la Fleur rouge, marquer le Monde...

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