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Pour une histoire à quat’sous

Texte écrit par Dominique Dupuy

vendredi 2 mars 2012, par Le Collectif Sistoeurs


Merveilleux hasard qui a vu se croiser, se retrouver, s’entrelacer, se caresser leurs mots.
Moments discrets et rares de deux corps qui se touchent un court instant,
Poussière d’étoiles pétillant dans les yeux,
Amour, Toujours ...

Las ! leurs yeux ne s’étaient pas trouvés que ceux de l’homme s’évadaient déjà au loin.
Bleus, ils étaient bleus, autant que les siens étaient noirs.
Puis, le silence pesant de cette fugace amourette s’est installé dans le plus profond de son mal-être.

Dites-lui, dites-lui !
Est-il possible d’oublier une illusion ?

Nuit après nuit, le mirage se reconstruisait pour mieux l’épuiser en insomnies cruelles,
Jour après jour l’histoire repassait devant ses yeux sombres.

Blessure à vif qui saigne,
Quand un éclat de rire sonne soudainement aux oreilles,
Quand un sourire accroche les souvenirs,
L’illusion de lui emplissait sa vie.

Tu t’es gourée d’histoire, la belle,
Tes étoiles qui scintillent,
C’est du roman à quat’sous,
Il ne faisait que rire à son plaisir,
Il y a maldone dans le casting.

Quel vide habitait donc la femme pour que la douleur vienne ainsi coller à son âme.
Apprivoiser les abîmes de spleens un à un.
L’illusion des yeux bleus a la peau dure.

Vieillie, exténuée mais vivante, elle a choisi de laisser partir ce regard,
Elle l’a posé là, comme sur un autel,
Autel de l’oubli.
Elle y a posé ses souvenirs, les grandioses comme les bêtas.

Elle en a terminé avec les illusions.
Dieu que cela aura été long.

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