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On laisse glisser la bretelle

mercredi 11 novembre 2009, par Mireille Disdero


Pour retrouver le souffle il faut s’élancer et sauter, toutes écoutilles ouvertes, délesté de ses poids au fur et à mesure des étages… plus bas. Si on étouffe à en crever, il faut apprendre le vide, comme les mouettes, les chats et le vent du large.

On laisse glisser la bretelle à l’intérieur de sa gorge, ronde, pour respirer un peu, se sentir nue sans vraiment y penser. Mais l’étouffement vient du manque de ce qui vous serre vraiment… Un paradoxe, n’est-ce pas. Si vous cherchez l’air avec l’impression de tourner en rond, filez « sur les toits ». Là où les immeubles et les tours crachent leurs peuples d’antennes blanches vers la mer, en toute indifférence. Là où vous sentirez que l’eau, noire et changeante est profonde comme une gorge de femme à la bretelle perdue. Vous saurez que sur les toits, habite le vent faiseur d’anges et de croix bizarres avec vos bras. Là, vous vous exercerez à rejoindre les goélands en ouvrant tout. Les yeux, la bouche, les mains… Et comme à Tokyo, quand le ciel se tasse et entasse les adolescents suicidaires, vous vous élancerez en abandonnant les derniers tics de Geisha qui vous irradiaient encore la peau et le cuir autour du cœur.

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