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Fauves emmurés

Compacts carnets du temps...

samedi 17 octobre 2009, par Mireille Disdero


On roule vite le vent pousse des hurlements dans le soir sur la mer on sent une humeur se lever des entrées maritimes on ne s’arrête pas on roule vite le temps est dans le sablier et nous à côté on traverse des ports des villes des villages où les petits musées locaux racontent en petit toute l’histoire de l’homme du premier au dernier on roule le temps ne nous attend pas nulle part il n’est là pour nous il faut continuer sans jamais cesser et pleurer très vite rire tout pareil comprendre l’autre à l’intérieur de nous comprendre ce qui empêche les planètes de cesser de tourner ce qui retient nos bras quand on se sent écartelé quand les uns sont seuls les autres y pensent on roule vite pour ne pas tomber tomber dans la fosse aux fauves emmurés on roule vite pour s’aimer comme l’horizon l’infini pour sentir le vent sur nos visages en clair-obscur on aimerait s’arrêter sur le bord d’une route en été un soir sentir l’odeur de l’herbe sèche nous aborder comme une danse et se toucher pour de vrai avec ce sentiment d’éternité cet éclat de douceur dans le regard et casser le sablier avaler le sable dérouler les papyrus la route le temps jeter le sablier.

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2 Messages de forum

  • Fauves emmurés

    22 octobre 2009 06:45, par Séverine Capeille
    J’adore vraiment le texte que tu m’as envoyé. Une bien belle leçon de correspondance entre la forme et le fond. Une fulgurante et poignante littérature. Une brièveté au service de l’efficacité. bref, une réussite :-)

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    • Fauves emmurés 22 octobre 2009 06:48, par Mireille

      Ton enthousiasme pour «  Fauves emmurés » me touche beaucoup, c’est un cri du cœur, ce texte… et parfois, le fait d’enlever la ponctuation, peut gêner certains lecteurs. Seulement là, je trouve, comme tu le dis bien, que fond et formes sont en correspondance, ce ne peut être que comme ça si on veut rendre compte de ce qui nous habite à ce moment-là. Une fulgurance…

      Mireille

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