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La femelle du pirate

lundi 11 octobre 2004, par Franca Maï

« Vous voulez la plus belle discothèque du monde, chacun a ses rêves : il y a des filles qui veulent 153 diamants mais elles ne peuvent pas se les payer et n’en ont aucun » Pascal Nègre le patron d’Universal Music France à propos du Piratage…

Mais tu es qui toi pour parler des rêves supposés des filles ? N’habille pas les femmes de ton rêve d’homme qui pense pouvoir les acheter avec des diamants. Tes rêves sont obsolètes, ils appartiennent à une génération tronquée.Les songes des femmes sont plus universels et généreux. Ils ne s’arrêtent certainement pas à tes lucioles de pacotille.

Elles rêvent par exemple que le pirate-mécanicien, le pirate-chômeur, le pirate-cuisinier, le pirate-Alexis et le pirate-pirate échangent gratuitement et en toute liberté leurs choix musicaux puisqu’il s’agit de choix et non pas d’un matraquage radiophonique imposé ou d’une industrie musicale frelatée.

Après tout, la musique adoucit les mœurs. Cet échange via l’Internet, convivial et défricheur, permet de partager des émois. Et si par hasard, tous ces pirates réunis avaient du goût ?… Une couleur différente de la couleur ambiante.

Comme un livre que l’on prête à un ami parce que l’on sait qu’il doit le lire, la musique voyage. Aucune incidence commerciale. Lorsque l’on a une révélation, on finit toujours par acheter. L’humain est ainsi, il aime collectionner les originaux. Tester en premier lieu, comme les lecteurs qui appréhendent un roman à la bibliothèque municipale avant de se l’offrir. Où est le problème ?…

L’usager du P2P n’en tire pas de bénéfice pécuniaire seulement un enrichissement de l’esprit. Il s’ouvre au monde, à la mixité, aux racines tumultueuses. Juste le plaisir de télécharger 2000 à 4000 titres pour le bien-être de ses oreilles et pratiquer une sélection qui lui ressemble vraiment.

Au début du siècle, les gens chantaient dans la rue, dans les cafés,… partout…. La transmission des mélodies était joyeuse, festive, gratuite. Maintenant, fredonner sur le macadam est interdit. Une journée formelle par an baptisée « la fête de la musique » est octroyée aux citoyens. Dans quel monde vivons-nous ?

Puisque les associations de consommateurs, les sociétés civiles d’artistes-interprètes ont appelé à la solidarité avec les internautes mis en cause, qui sont ceux que cette lattitude dérange ?

Jusqu’à trois ans de prison et 300.000 Euros d’amende.

Tu es qui toi ? … Tu rêves mal.

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3 Messages de forum

  • > LA FEMELLE DU PIRATE

    12 octobre 2004 10:25, par Serge Rivron
    Bravo Franca, Bravo, bravo, bravo ! Bravo de dire en mots simples et doux toute l’insupportable vanité contenue dans les mensonges des potentats du disque, et de si bien mettre en évidence le fossé qu’il y a entre leurs propos cupides et le rêve simple de ceux, filles ou garçons, adolescents ou adultes, amateurs ou artistes, pour qui la musique, la littérature et la création artistique en général est seulement une question d’âme : échange, plaisir, quête, découverte, amitié, émotion... Dans le même esprit, mais en plus violent ou plus intello (on est des "mecs"), Costes et moi (chacun de son côté) avons il y a près d’un an pondu (chacun son style) des textes dénonçant la pression scandaleuse des "majors" et autre distributeurs de ritournelles à fric pour faire adopter et appliquer la loi inique qui sévit aujourd’hui. Je ne saurais ici que t’inviter à les lire aussi, et tous ceux qui partagent notre point de vue à en écrire d’autres et à les exprimer publiquement. Le mien s’appelle "voyous du net contre culture à vendre", et se trouve sur mon site à l’adresse http://srivron.free.fr/comvoyous.html (pardon pour la pub). Celui de Coste, très violent, est quelque part sur le site de Coste que tu peux trouver dans mes liens (re-pardon). J’ai bien peur hélas que notre combat n’en soit qu’à ses débuts et nos désillusions aussi, et je me demande comment nous pourrions faire pour être réllement efficaces à combattre les mortifères prétentions des potentats. Peut-être se constituer en association, et se porter systématiquement au secours des victimes de ces ordures ? Si l’idée en dit à quelques-uns de tes lecteurs et des miens ou de tout autre qui partage notre point de vue, pourquoi ne pas essayer de s’en occuper sérieusement ? A bientôt peut-être, et encore bravo. Serge Rivron, auteur

    Voir en ligne : Voyous du Net contre Culture à vendre

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  • > La femelle du pirate

    17 avril 2007 10:28, par Sous rédacteur Williams
    Les filles rêvent presque toujours du prince qui n’est pas moi.

    Voir en ligne : http://le-cahier-ivre.blogspot.com

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