Sistoeurs

Accueil du site > Cultures Urbaines > 11ème Biennale de la danse à Lyon

REPORTAGE

11ème Biennale de la danse à Lyon

mardi 28 septembre 2004, par Séverine Capeille

C’est la onzième année. Une armada de danseurs est attroupée au départ du défilé. Ils ont tous répondu à l’appel : des hommes, des enfants, et des femmes à ne plus savoir qui interviewer…

Elles ont le pavé pour elles. Pour un dimanche. Le pavé tout entier pour danser.

L’introduction pourrait s’arrêter là. En quelques mots tout serait dit. Toute la prose et toute la poésie. Mais pour comprendre un peu mieux, il faut rajouter l’étincelle de leurs yeux, parler du Temps qui retient son souffle devant l’émerveillement, de la femme femme, femme fille, femme enfant. Ce 19 septembre 2004, elles sont venues défiler. Elles ont répété leurs pas de danse, ont réajusté leurs costumes et se sont maquillées…

Elles ont tous les âges, viennent de tous les horizons, de tous les métiers. Pour un dimanche, elles font fi du programme ménage, mec ou télé (les trois pour les plus téméraires) et s’offrent aux regards des badauds intrigués. Elles attendent. Le signal va être donné. Elles ont la grâce de l’élan, de l’instant qu’on ne peut voler. Sous le soleil, l’impatience brille plus que les paillettes, brûle les cœurs tambours battant.

Il faut se dépêcher. Tout va très vite, et les chars sont lancés. Hélène prend les clichés. Je tends le dictaphone, le maintient sous la bouche de l’interviewée, priant pour que l’enregistrement soit audible malgré le bruit ambiant. C’est drôle et émouvant. Les filles se prêtent au jeu, répondent spontanément. Il y a des rires. L’insouciance nous enveloppe d’un épais coton blanc. Il y a des scènes comme ça. Des moments où l’on croit le monde sauvé de l’anéantissement.

INTERVIEWS

Photos : Hélène Bourchenin

Sandra Savin, chorégraphe (Cie VIVID DANSE) assistée d’Estelle Bonnier Ville : Riorges (Loire)

1/ Ton état d’esprit avant de commencer le défilé ? Hâte d’y aller ! Et le trac ! On a tous vraiment envie de commencer parce que ça fait quand même six mois qu’on répète, alors on est motivé !

2/ Est-ce qu’il va te falloir un temps de sevrage après tous ces mois ? Oui ! Et dans un premier temps, on va faire une belle fête pour sevrer ça !

3/ C’est quoi le mot « rencontre » pour toi ? L’échange.

4/ Puisque tu es chorégraphe, à ton avis, la danse est-elle « un cri que personne ne veut entendre » ? Il faut écouter la danse, et surtout la sentir.

5/ Dis moi comment tu danses je te dirai qui tu es ? C’est ça ? Oui, je suis d’accord avec ça, on danse comme on vit.

6/ Une dédicace ? A Yves Perey, plasticien et metteur en scène de ce défilé.

Christine Quartier Croix Rousse

1/ La biennale t’a-t-elle permis de lier de nouvelles amitiés ? Oui, plein. On a tous le même projet, on partage les mêmes émotions… c’est marrant. On travaille dans le même sens, et puis on se maquille, on se costume… C’est beau !

2/ Danse et fais ce que tu veux ? Ou ce que tu peux ? Ce que tu VEUX ! C’est la Biennale de la danse, pas le conservatoire !

3/ Ce serait quoi pour toi la question conne de la Biennale ? « Est-ce que tu as aimé ? » ! Oui forcément, et c’est ma deuxième participation !

Marie et Gwenaëlle MJC St Jus « Alice aux pays des merveilles »

1/ Puisque vous êtes des cartes à jouer, la Biennale pour vous, c’était « jouer » ou « répéter » ? Rechercher ! On a été sollicitées en tant qu’acrobates, on circule sur des objets sur le char. Donc c’était plus de la recherche que de la danse à proprement parler.

2/ Est-ce que vous auriez une anecdote cocasse sur la Biennale à nous raconter ? C’est toujours anecdotique ! On est très nombreux et ce n’est pas facile de réunir tout le monde ! En plus, on a répété dans un stade début juillet, sous une canicule effroyable : on perdait beaucoup de temps à mettre de l’écran total !

3/ Votre état d’esprit avant de commencer ? Marre d’attendre ! On a besoin d’aller à la rencontre du public là !

Sonia Groupe n°19 : Pont-de-Chéruy

1/ Comment te sens tu ? Super enthousiastes ! Il fait beau et il y a toujours une super ambiance à la Biennale.

2/ C’est quoi le mot « rencontre » pour toi ? C’est bonheur, c’est pétillant, c’est joie !

3/ Une anecdote cocasse à nous raconter ? Il y a deux ans on a paumé notre char avant de commencer le défilé et ça nous a mis un coup de speed ! Mais pour cette année, rien, pour l’instant, pour l’instant… !

4/ Miroir, dis moi si je suis… ? Tu dirais quoi ? Un elfe ! Parce que c’est ce que je suis censée être !

Répondre à cet article


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Newsletter | Nous contacter | Qui sommes-nous ? | SPIP
Les articles sont publiés sous licence Creative Commons.
Ils sont à votre disposition, veillez à mentionner l'auteur et le site émetteur.