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Un petit pays...

Un texte écrit par Caro la Vie en rose

mardi 6 mai 2008, par Le Collectif Sistoeurs


Il y a un petit pays. Que l’on dit plat. Que l’on dit gentil.
Il y a un petit pays, où les gens sont, paraît-il, si gentils.
Il y a un petit pays, dont les compagnies aériennes sont convoitées,
Où les vols de nuit font grand bruits.
Et dans ce petit pays si gentil. Dans ce petit pays si joli,
Il y a aussi,
Ces sans papiers,
Ces expulsés,
Ces déportés,
Ces étouffés…
Dans ce petit pays si joli,
Ce petit pays si gentil,
On n’aime pas entendre crier,
Revendiquer,
Exiger,
Pas non plus supplier,
Demander, Espérer…
Le respect ne va pas de soi.
N’est pas le roi qui croit.
Solidarité,
Respectabilité,
Altérité,
Sincérité,
On pourrait croire des slogans.
Comme… Au hasard…
« L’Afrique, vous y seriez déjà »
Ne mettons pas de gants,
Avec l’ex-Sabena
Jouons à qui perd gagne
Et devenons publicitaires
À notre tour brandissons
D’accortes propositions
« Tout confort, oreiller compris »
A déjà suggéré mon amie
« Prix étouffés »
A-t-elle également inventé.
Soyons fous, soyons créatifs.
Mais surtout, ne restons pas passifs !

**

- Pour en savoir plus sur ce qui a inspiré ce texte :

Expulsions : se taire sous toutes les altitudes

Communiqués de Presse
29/04/2008

Pour avoir manifesté son refus de voyager alors que son avion résonnait des cris d’une personne en voie d’expulsion, un passager de la compagnie Brussels Airlines a été détenu une dizaine d’heures dans une cellule de Zaventem et est interdit de vol sur cette compagnie pour six mois. Vous avez dit disproportionné ?

Samedi dernier, le 26 avril, M. Ngajui Fosso, en voyage pour rejoindre sa famille, fait escale à Bruxelles pour prendre l’avion de la compagnie Brussel Airlines qui doit le mener à Douala.

Une fois installé dans l’avion, il constate qu’au dernier rang, un homme encadré par 4 policiers, plus des policiers en civil, se débat et crie. Tandis que les autres passagers s’installent, il signale à une hôtesse, d’un ton courtois, « Je ne peux pas voyager dans ces conditions », faisant allusion aux cris de la personne expulsée. Des cris partiellement étouffés par les policiers qui tentent de le faire taire. D’autres passagers manifestent leur indignation, tout aussi pacifiquement. Les policiers décident alors de sortir la personne expulsée de l’appareil.

Alors que M. Fosso s’est rassis sur son siège, des policiers entrent dans l’appareil et l’arrêtent avec deux autres passagers. Tous les trois sont sortis violemment de l’avion et sont conduits dans une cellule de l’aéroport. M. Fosso sera libéré une dizaine d’heures plus tard.

La compagnie aérienne lui notifie oralement le soir même qu’il ne sera pas remboursé et qu’il est interdit de vol pendant 6 mois sur Brussels Airlines. Ce point lui sera confirmé dans un courrier daté du 28 avril 2008 dans lequel la compagnie soutient qu’il aurait refusé de se conformer aux instructions de sécurité données par le personnel de cabine, provoqué une « émeute » et « mis sérieusement en danger la sécurité des autres passagers », autant d’éléments que M. Fosso conteste de la manière la plus formelle.

La LDH et le CIRE dénoncent les agissements de la police qui conduisent à criminaliser des personnes qui manifestent pacifiquement leur opinion par rapport à une situation qu’ils peuvent légitimement trouver choquante. Alors que M. Fosso a manifesté son opinion avec calme et courtoisie, son comportement a ensuite été qualifié unilatéralement et abusivement par la compagnie, sans prendre la peine de l’entendre, de manière à pouvoir lui appliquer de manière abusive des clauses du règlement. En particulier, il est ridicule de soutenir qu’il aurait mis en danger la vie de qui que ce soit. Les associations s’interrogent également sur le fait de savoir si la demande de débarquer les trois passagers émanait de la compagnie aérienne Brussels Airlines. Par ailleurs, il est inquiétant de constater que ce genre d’affaires semble se multiplier. En France, où plusieurs cas similaires se sont produits, les syndicats du personnel d’Air France ont demandé, sans succès, que les avions de la compagnie ne soient plus utilisés dans le cadre d’expulsions. En Angleterre, au début du mois d’avril, un commandant de British Airways a débarqué indistinctement 136 passagers ( !) parce que certains d’entre eux manifestaient leur mécontentement face à une expulsion. Un de ces passagers a ensuite été interdit de vol à vie sur British Airways…

Parallèlement à ces affaires, on apprend que les policiers français qui procèdent aux expulsions sur les vols d’Air France reçoivent des miles gratuits... A quand cette promotion sur Brussels Airlines ?

Outre les questions soulevées par cette arrestation arbitraire et les conditions de détention, cette affaire pose également la question de la disproportion entre le fait de manifester son opinion et le fait de subir un dommage économique, moral et de se voir infliger une interdiction de vol sur une compagnie aérienne. La LDH et le CIRE jugent qu’une telle réaction en provenance de passagers est saine dans une démocratie qui semble s’accommoder de ce genre de pratiques contestables, d’autant que cette contestation est exprimée de manière totalement pacifique.

La LDH et le CIRE soutiendront M. Ngajui Fosso dans les démarches juridiques qu’il compte entreprendre.

- ET :

Non à l’enfermement généralisé des étrangers en Europe !

Communiqués de Presse
05/05/2008

Depuis 20 ans, environ 8.000 étrangers – dont des enfants – sont détenus chaque année en centre fermé, sur ordre de l’administration, au seul motif de n’avoir pas les bons papiers. L’existence des centres fermés se rappelle au grand public à chaque grève de la faim, émeute ou manifestation. Ou lorsqu’un drame survient comme celui de la semaine dernière où un homme a préféré se pendre au centre fermé de Merksplas plutôt que d’être expulsé de force.

Cette réalité n’est pas l’apanage de la Belgique. Au sein de l’Union européenne, tous les Etats membres détiennent des étrangers dans des centres fermés. Les conditions et durées de détention sont variables, mais le fait est identique : les Etats européens considèrent désormais comme « normal » d’enfermer des personnes qui n’ont pas commis de crimes, dans l’unique but de les expulser du territoire. Ces détentions se font généralement sans prendre en compte la situation particulière de chaque personne : on y trouve des enfants, des demandeurs d’asile ou des personnes gravement malades.

Une directive européenne, appelée directive « retour », est en discussion depuis trois ans. Elle vise à harmoniser les pratiques de détention des étrangers au sein des Etats membres. Le vote de cette directive est annoncé pour le mois de juin.

Cette directive est inquiétante car elle tendrait à généraliser l’enfermement des étrangers.

L’argument avancé par les défenseurs du projet de directive est que ce texte permettrait d’offrir un cadre légal à la détention d’étrangers dans des pays de l’Union européenne qui n’en possèdent pas.

Si l’argument est d’intérêt pour quiconque n’accepte pas que des personnes puissent être détenues dans des conditions innommables, il s’avère extrêmement limité. Le texte final donne plutôt l’impression que rien ne changera, ou si peu, dans les Etats les plus répressifs alors que les standards seront revus à la baisse dans les autres Etats.

Premier aspect qui interpelle : les durées de détention. Selon la directive, il sera possible de détenir un étranger pour une période de 18 mois. Lorsqu’on voit que dans la plupart des Etats européens, l’expulsion effective d’un individu se joue lors des premières semaines, une telle durée de détention, totalement disproportionnée, s’apparente à une « punition » de l’étranger. En choisissant cette durée de détention, c’est sur les plus mauvaises pratiques des Etats membres de l’Union européenne que l’on se calque.

La directive laisse aussi la possibilité aux Etats d’interdire la réadmission de l’étranger expulsé sur le territoire de l’Union européenne pendant 5 ans. En bannissant pendant 5 ans un étranger du territoire, on lui envoie le signal que sa migration est considérée comme un crime. De là à dire que l’immigration constitue une menace pour l’Union européenne, il n’y a qu’un pas.

A côté d’autres organisations de défense des droits fondamentaux, le Ciré et la Ligue des droits de l’Homme réclament la suppression des centres fermés. Ce projet de directive, loin d’aller dans cette direction, généraliserait l’enfermement des migrants pour une période très longue. Nous avons donc décidé d’adhérer à un appel européen contre cette directive, lancé par une association française, la Cimade. Pour la première fois, un texte européen sur l’immigration est « codécidé ». Les parlementaires ont la possibilité de changer la donne en s’opposant à son adoption. C’est cette position que nous défendrons le 7 mai, à 12 h 30 à l’occasion d’un rassemblement devant le Parlement européen. Un rassemblement au cours duquel les milliers de signatures de citoyens opposés à ce texte seront remises aux parlementaires.

Signez l’appel sur :www.directivedelahonte.org.

Pierre-Arnaud Perrouty Conseiller juridique à la Ligue des droits de l’Homme, Cédric Vallet Permanent au CIRÉ (Coordination et Initiatives pour et avec les Réfugiés et Etrangers)

In : http://www.liguedh.be/web/Press_Commuique.asp

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3 Messages de forum

  • Un petit pays...

    6 mai 2008 22:17, par Caro la Vie en rose

    Autre information :

    La personne qui n’a pu être expulsée via le vol commercial de la compagnie belge était détenue au Centre fermé de Merksplas (Province d’Anvers - flamande). Elle s’y serait suicidée, en tout cas elle y a été retrouvée morte, le jeudi 1e mai.

    La polémique enfle...

    Voir en ligne : Suicide au centre fermé de Merksplas

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  • Un petit pays...

    9 mai 2008 09:39, par Marlène T.

    Comme tu le dis Caro : ne restons pas passifs !

    Les mots et la communication sont des outils dont on ne doit pas néglier la portée !

    Je fais tourner...

    Pour un monde moins pire !

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    • Des suites encore... 9 mai 2008 11:50, par Caro la Vie en rose

      Les proches et l’avocat de Folefack Sontsa Ebenitzert trouvaient la mort du jeune homme "suspecte". L’autopsie n’a révélé aucune trace de violence et le Parquet conclut donc au suicide. "Heureusement ?", titrent des médecins qui signent une "carte blanche" dans le quotidien belge Le Soir.

      Cela n’en reste pas moins un drame de l’exil qui réveille bien des douleurs dans le pays où Semira Adamu a perdu la vie.

      Répondre à ce message


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