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DJ SLIDER

samedi 14 février 2004, par Séverine Capeille

Rencontre avec un DJ à connaître...

1/ Peux-tu te présenter ?

Mon envie de faire Dj a été déclenchée par mon séjour à Londres, entre 1994 et 1997. C’est à Nothing Hill, où j’habitais, que j’ai kiffé tous les styles de son : electro, Hip Hop, ragga… Au début, j’ai commencé à jouer du drum’n bass et de l’électro dans les soirées londoniennes et puis, quand je suis revenu à Lyon (en 97) j’ai fondé le « Natty bass system », un collectif de quatre Dj’s et deux MC. On voulait faire des soirées différentes, offrir une évolution musicale en enchaînant du reggae, du ragga, du drum’n bass, de la techno… Ca a duré deux ans avant que l’on se sépare. J’en avais un peu marre de l’electro et, comme j’avais toujours kiffé le ragga, je me suis lancé et j’ai crée en 2001 le « Dancehall vibz crew ». J’ai choisi d’être accompagné par DJ Izo (qui mixe du Hip Hop) et Kenny Ken (le MC). Après une année dans les bars puis une autre à la Marquise, ça fait maintenant deux ans que nous nous produisons au Ninkasi Kao.

2/ Justement, depuis deux ans, c’est une soirée « Rage in the dancehall » par mois au Kao… que penses-tu du public lyonnais ? Fidèle ?

Public super fidèle ! On a voulu se démarquer des autres soirées Hip Hop, trop commerciales. Notre but c’est de présenter des sons pointus, pour un public averti ; toucher une clientèle qui kiffe la musique. On veut montrer que les DJ’s lyonnais assurent techniquement et que l’on n’a pas besoin de têtes d’affiches parisiennes pour remplir une salle. Le public est là : ça fait plaisir ! Il sait faire la différence et reconnaître la qualité de ce que nous proposons.

3/ Peux-tu nous parler de ton travail avec Kenny Ken ? Comment s’est développé votre duo ?

Kenny est là depuis « Natty bass system ». A l’époque je jouais une junggle déjà très influencée par le ragga, ce qui nécessitait des MC pour ambiancer. Quand je suis revenu de Londres, j’ai traîné dans les soirées ragga et antillaises et c’est là que j’ai recruté Kenny. En ce moment on prépare des morceaux : on va profiter de la vague ragga actuelle ! (rires) Kenny est à la fois capable d’ambiancer et de chanter ragga, de « toaster » comme on dit.

4/ Tes principales influences musicales ?

Je suis un peu passé par tous les styles, mais avant tout, je kiffe la musique black, celle d’aujourd’hui comme celle d’il y a trente ans.

5/ Peux-tu me citer des artistes que tu admires ?

Hum… « admirer » c’est un bien grand mot ! Un mec pour qui j’ai du respect, c’est Johnny Hallyday ! Quarante ans de carrière et jamais de blanc ! Quarante ans au top, quarante ans de tubes… Je n’aime pas du tout ce qu’il fait, mais artistiquement parlant, c’est quand même fort !

6/ Comment perçois-tu le phénomène Bobo-dread qui a le vent en poupe en ce moment ? Comment expliques-tu cette explosion de « bad lyrics » dans le dancehall ?

Dans le ragga, il y a deux tendances : une tendance religieuse et une tendance slackness (celle qui parle de femmes, de drogues…). Moi, je me reconnais plus dans la deuxième ! Le slackness me correspond mieux que le religieux ! Tous les disques que je joue sont du slackness, mais pas du bobo dread. Je passe parfois un Sizzla ou un Capleton, mais ça s’arrête là. Je respecte les bobos en Jamaïque, mais ceux qui sont ici et qui se prennent pour des bobos parce qu’ils ont deux locks sur la tête me font bien rire !

7/ Daddy Mory, Lord Kossity, Yanis Odua, Sweetie… que penses-tu du dancehall français ?

Il commence à atteindre un bon niveau. Il y a de bons sons qui sortent. Mais pour ce qui concerne les artistes, ils sont un peu tous pareils au niveau du flow, du phrasé. Il n’y en a pas vraiment un qui se démarque… Je ne joue pas beaucoup de français ; la scène est encore toute récente.

8/ Puisque je viens d’évoquer Sweetie, le reggae laisse peu de place aux artistes féminines…

Dommage. Je préférerais plus de femmes dans le milieu. Je ne suis pas macho. Les femmes apportent un feeling différent, une autre vision du monde.

9/ Qu’exprimes-tu à travers tes sélections ?

Je n’ai pas de message. Mon seul kiffe c’est de faire danser des gens. Je ne sais pas programmer un set, j’improvise toujours par rapport au public, et il est différent à chaque soirée.

13/ Aujourd’hui c’est la St Valentin : quelle définition donnes tu du mot « amour » ?

L’amour… on coure toujours après quoi !

14/ Quels sont tes projets pour le futur proche ?

Le changement de résidence des soirées « Rage in the dancehall » et le retour à la Marquise pour mixer du R’n’b et de la soul. Par rapport à Kenny, on lui prépare un maxi avec quatre titres qui sortira d’ici environ deux mois. Personnellement, je vais sortir un nouveau mixtape.

15/ Ton état d’esprit avant d’entrer sur scène ?

Stressé !

16/ Le mot de la fin ?

Pourvu que ça dure !

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