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Mylène Auger, organisatrice de la Fiesta Reggae Sun

Une interview de Béatrice Valour

jeudi 5 juillet 2007, par Le Collectif Sistoeurs

Mylène Auger, organisatrice de la Fiesta Reggae Sun à Villefranche sur Saône depuis dix ans, est interviewée par Béatrice Valour, membre de l’association Zébulon. Et tout ça, en exclusivité pour Sistoeurs !


- Myléne Auger : femme, maman, choriste, militante… Quel est le rôle le plus difficile ?

Le plus difficile est celui de la « ménagère » hi hi hi ! À vrai dire, le plus difficile est d’allier tous les rôles. Prendre ou trouver le temps pour chacun de ces rôles et par moment avoir l’impression de ne pas avoir été jusqu’au bout ou être vraiment à 100% dans un rôle ou un autre.

- D’où vient cette étonnante sérénité qui plane autour de toi ?

Difficile à dire, j’essaie juste de rester calme, de ne pas m’énerver pour les petites choses du quotidien ou insignifiantes, de rester positive et je ne perds mon calme que dans les situations qui touchent à l’affectif ou l’injustice.

- Tu as été choriste dans le groupe Mad jimitys. Laisse moi te dire que ta voix est sublime ! As-tu d’autres projets ?

J’aimerais ! D’ailleurs je lance un appel : rencontrer une chanteuse qui aurait les mêmes aspirations que moi, créer un groupe à deux voix, avec une vraie identité (percussions, musique afro reggae, en douceur et en basse sans oublier une pointe de rock) avec des textes engagés et empruntés de sentiments. Mais je n’ai pas encore trouvé cette alter-ego, avis aux aventurières !

MAD JIMITYS s’étant arrêté et n’ayant pas trouvé cet alter-ego, je suis sur un projet personnel, je travaille avec TIMIKE, ex chanteur des MISTER GANG, je vais chanter des chansons à but humanitaire et engagé : humanitaire car certains sujets me touchent vraiment et j’aimerais pouvoir faire des choses concrètes, c’est à dire que tous les droits et ventes de certaines chansons seront versés à des associations ou pour des projets humanitaires, engagés et militants parce qu’il y a trop d’injustices et de choses qui me révoltent dans notre monde.

- La vie avec un musicien est-elle facile ?

Eh bien ça n’a jamais été un problème ! La musique est une passion commune, en fait, on a parcouru la route et la scène ensemble, et ça c’est un vrai plaisir ! Et du coup, j’ai eu cette chance de partager tout ce temps, toutes ces étapes, toutes ces aventures artistiques avec lui, que demander de plus que de passer du temps ensemble et de partager ces moments. Et quoi de plus intéressant que de vivre avec un passionné !

- Je sais que tu aimes le reggae, écoutes-tu d’autres styles de musiques ?

Oui, bien sûr ! J’aime le HIP-HOP, le ZOUK, les musiques aux rythmes afro, en passant par la chanson française. J’adore BREL, BRASSENS, PIAF : les classiques ! Les artistes avec des textes poétiques : CAMILLE, LEO FERRE, GAINSBOURG ; engagés : ZEBDA, BALAVOINE ; les musiques du monde : GORAN BREGOVICH et du rock’n’roll et de la voix à la JANIS JOPLIN, PAT BENATAR, du jazz : BOBBY MAC FERRING, LIZ MACOMB, ELLE FIZTGERALD et bien d’autres encore……

- Un mot sur Diam’s ?

Une femme parle aux femmes, ça fait du bien, pas de chanson à l’eau de rose, des textes vrais qui touchent, qui sont proches de la condition féminine.

- Ta plus belle réussite ?

OULA LA !!! Difficile à dire, une seule vraiment !!!
Je ne sais pas ! Si, mes 2 enfants MALOU (5 ans) et SILAS (2 mois)

- Malou rime avec malice, plutôt d’accord ?

Oui, tout à fait d’accord, le mélange de moi même et du papa ne pouvait pas donner autre chose, son papa est « un petit malin » comme on dit ! Et il paraît que je suis un peu une « chipie » !

- Tu fais partie de l’association Zébulon depuis ses débuts : tu peux nous en dire plus ?

A la création de l’association, je sortais d’une autre association qui avait fermé, je ne voulais pas m’arrêter là, alors avec Sébastien (mon mari) et une amie nous avons décidé de créer une asso pour organiser des concerts, on a fait appel à des amis et c’était parti … au début un concert par mois (1996), puis on y a pris goût, un concert par semaine avec un cyber café (1997-1999) (en même temps, après avoir vu le derrière de la scène, nous avons crée le groupe Mad Jimitys, par envie de passer sur le devant de la scène 1998-2005), en 2000, nous cessons les concerts (pas de volonté municipale à cette époque), 2001-2004 mise en place du projet Bocal à Répèt’ (locaux de répétition et accompagnement artistique), sans oublier la « FIESTA REGGAE SUN » le festival reggae gratuit que l’on organise depuis 10 ans ça fait un peu chronologie mais voilà !

J’ai été bénévole jusqu’en 2002, et depuis je suis salariée de l’association, j’en suis contente, car je suis un peu comme mon propre patron (sans oublier que j’ai des comptes à rendre aux membres de l’association) mais j’ai une grande marge d’action, ce qui me satisfait.

Tous ça n’a pas été sans mal, les relations avec la Mairie de Villefranche sont mi figue mi raisins : difficile de travailler dans ces conditions (politique de droite, disons le, et action culturelle et sociale ne font pas toujours bon ménage), il faut constamment se battre pour se faire entendre ou même comprendre, et cela dure depuis 10 ans.

Le milieu musicale et associatif, n’est pas un monde facile, et notre société individualiste/libérale n’arrange pas les choses. STOP Attention je pars dans de grands débats !

- D’où vient d’ailleurs ce nom de « Zébulon » ?

« Zébulon » c’était le nom de mon chat, qui le jour de la création de l’asso était toujours dans nos pattes et nous sautait dessus. On s’est dit « Zébulon », c’est rigolo sauté, ressort (manège enchanté) avoir du ressort, ça nous plaisait, et voili, voilà !

- Tu organises la « Fiesta Reggae Sun » depuis 10 ans. Comment t’es venue cette idée ?

Au départ, c’était la Mairie de Villefranche qui organisait cette manifestation dans un parc, gratuit, pour les personnes qui ne partaient pas en vacances. Ils nous ont proposé de la reprendre et pour nous l’idée première « gratuité et pour les personnes qui ne partent pas en vacances » ça nous plaisait ! A l’époque, on kiffait tous la reggae musik ! Et voilà comment l’aventure « FIESTA REGGAE SUN » est née !

- Quelles ont été les plus grosses embûches pour mener à bien ce projet ?

Les plus grosses embûches furent celles des tunes, l’éternel sacerdoce !

- Raconte-nous la première fiesta…

La première Fiesta a eu lieu dans un parc à Villefranche en 1996, avec Sinsemilia : à l’époque, ils étaient vraiment engagés, et ce fut vraiment un bon moment et un beau pied de nez à notre municipalité très à droite, nous avions réunis environ 1500 personnes, ce qui était déjà génial pour une première édition. Tout s’était déroulé dans une ambiance conviviale et bon enfant. A ce moment là, j’ai vraiment découvert l’envers du décor, accueil des artistes, logistique, installation et désinstallation, ce qui m’a beaucoup plu car tout s’était vraiment bien passé, un peu normal car nous étions une bande de copains motivés.

- Il y a une anecdote particulière qui t’a marquée au cours de ces dix années de fiestas ?

Hélas, les choses qui m’ont le plus marqué, sont des choses négatives, par exemple le passage de PIERPOLJAK et ses musiciens, là j’ai découvert ce que voulait dire « groupe qui a pris la grosse tête », mécontent sur tout (le son, la bouffe..) sans même avoir testé la température et l’ambiance du festival. De même pour SERGENT GARCIA en 2006 (beaucoup d’exigences dépassant l’entendement), critiques pendant tout le festival, alors que les 60 autres artistes étaient ravis.
Par contre, resteront à jamais gravés dans ma mémoire, ces rencontres avec d’autres artistes et avec qui nous n’avons jamais perdu le fil (TIMIKE des MISTER GANG, ZEDESS, BASSTER …).

- Tu peux nous en dire un peu plus sur la programmation de la « Fiesta Reggae Sun » 2007 ?

Cette année sera sous le signe de la Jamaïque, nous accueillerons ASWAD et YELLOWMAN mais il y en aura pour tous les goûts car il y aura aussi DOBACARACOL, NZH, TU SHUNG PENG, LENNOX DREAD

- Coca ou jus de fruit ?

Hélas coca, mais j’essaie d’arrêter.

- Je sais que tu attaches beaucoup d’importance à l’écologie : comment y contribues-tu ?

Oui, j’y attache beaucoup d’importance, d’abord je prends la tête à mon entourage et aux bénévoles de l’association. Je les incite à recycler le carton, le plastique, le verre, les piles. Je leur dis qu’il ne faut pas laisser couler l’eau quand on se lave les dents ou quand on se savonne sous la douche. Je leur propose de récupérer l’eau de pluie pour arroser le jardin.

J’apprends à ma fille, mes nièces et tous les enfants que je côtoie, à ne rien jeter dans la nature ou dans la ville, à ne pas arracher les branches des arbres… à respecter la nature.

Tout cela je le fais et si nous faisons tous ces petits gestes, peut-être que nous n’empirerons pas la situation.

Au sein de l’association, par exemple pour notre festival, une association vient faire de la sensibilisation au recyclage, nous avons comme projet du co-voiturage pour aller aux différents concerts de la région (réduction de la pollution).

- A la maison, tout le monde s’y retrouve dans le tri ?

Oui, ça leur prend un peu la tête parfois, mais quand on voit la masse de déchets que l’on recycle, ça vaut le coup.

- Quel symbole te représenterait le mieux ?

Difficile à dire, celui de la douceur, de la patience et du partage, je ne pense pas qu’il existe !

- Quel est ton rêve le plus fou aujourd’hui ?

Partir en tournée sur les îles et en Afrique avec ma famille.

- Le mot de la fin ?

Merci pour cette interview et pour votre initiative.

Et vive la révolution au vue de la situation politique actuelle, nous sommes rentrés dans l’ère de la répufrique et c’est bien dommage !

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3 Messages de forum

  • > Mylène Auger, organisatrice de la Fiesta Reggae Sun

    23 juillet 2007 22:51, par Jacklyne

    Bonjour,

    Le samedi 21, le concert a été annulé à cause de la pluie. DOMMAGE. Pour moi, c’était une première.

    Mais croyez-moi je ne suis pas prête de renouveler une telle expérience, en tout cas, pas sur le site du Port Beauregard.

    Ayant visité le site de l’association Zébulon, je me suis empressée d’emmener mes 2 enfants, on annonçait un camping et une ambiance familiale. Et bien, permettez-moi de vous dire qu’il n’y avait rien de familial, en ce samedi 21 juillet. Le camping est fréquenté par des adolescents atardés qui n’ont rien trouvé de mieux au beau milieu de la nuit que de démonter les toilettes et d’en faire un formidable feu de camp. De plus, pour un camping familial (pas un seul point d’eau, qui dit famille dit enfant, il me semble ...).

    J’ai vraiment été très étonnée de l’organisation bordélique qui régnait sur le site, quant à l’insécurité n’en parlons pas.

    Il semble que vous en êtes à votre 13ème édition, que s’est-il passé ? Où sont passées les 10 000 spectateurs de l’an dernier ??? Festival Reggae Sun, où étaient les Rastas, les vrais pas ceux qui se déguisent et prétendent avoir leurs valeurs ?

    Pour ma part, c’est bien la première et la dernière fois que je mets les pieds sur ce site.

    Bien à vous. Jacklyne

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  • Mylène Auger, organisatrice de la Fiesta Reggae Sun

    2 juin 2011 16:39, par rico ou babu
    salut mylène s’est babu sympa le site on ce contact a+

    Répondre à ce message


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