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Thaïlande

mercredi 31 mai 2006, par Cathy Garcia

Un jour de fin juin, à Bangkok avant le retour en France.

J’aime tourner autour de l’amour, être papillon. A Singapour, j’ai aimé follement et rien n’était plus vrai à cet instant là.

Dehors les chiens se répondent, cette nuit ils peuplaient mes rêves mais…

J’aime les beaux garçons, les voyous quand ils n’en sont pas. J’aime les hommes qui cherchent et qui partagent. J’aime leur rire quand il est franc. Leur fragilité m’attire et m’effraye.

Il y a tant de petits garçons et de petites filles qui se débattent dans nos corps adultes ! Tant de chemin à parcourir pour devenir des hommes et des femmes.

Bangkok où je ne fais que passer, sans y être vraiment. Je respire un peu de son air vicié, croise des êtres, échange des sourires. Je promène mon regard, mes ailes palpitantes et mon cœur, aussi tendre qu’insaisissable, aussi libre que fragile.
Le voyage m’inspire !

Je sais qu’avant tout ici, c’est à moi-même que j’échappe. L’amour a besoin de sang frais, l’amour n’est qu’une illusion, la plus belle peut-être mais c’est aussi la lame qui déchire le voile. L’amour blesse, l’amour guérit.
L’amour sous toutes ses formes, toutes ses folies ! L’amour que l’on entend si peu et que l’on écoute encore moins.
Sois libre et libère ! Ne juge pas, expérimente ! Ne choisis pas, laisse venir et souris, c’est le plus beau des messages. Souris de tout ton cœur !

Bangkok, dans un palace hôtel où je n’ai pas ma place, pas d’autres repères que ce corps qui est le mien. Il me situe dans l’espace et me limite par des sens que j’honore cependant au plus haut point.

Le corps ! Ce déguisement maladroit et si émouvant pourtant...

Corps objet de tant de commerces ! Combien encore de jeunes filles enlevées de leurs campagnes, payent ici de leur vie, de leur santé et de leur jeunesse, les dettes fatalement croissantes de leurs familles exploitées ? Je ne sais pas, je ne suis pas en mesure de porter un jugement, je ne sais plus, déboussolée !

Etrangère, je ne fais que passer. Je ne suis nulle part ailleurs que là où me promènent mes pensées.

Je traîne dans les rues, dans les temples, cherchant les coins où je pourrais oublier que je ne suis qu’une touriste d’un genre un peu particulier.

J’y ai fait des rencontres aussi belles que surprenantes.
En longeant les rives des canaux peu fréquentés, j’y ai surpris des merveilles et du sordide. J’ai vu bien des choses mais cela reste si peu !

Dernier spectacle de la tournée, l’émotion, toutes ces émotions qui ne peuvent pas se raconter, qui ne peuvent être que vécues, nous avons eu cette chance !

Nous quittons ce continent à peine effleuré du regard. J’ai dans la tête des colliers d’orchidées mauves, des tresses de jasmin et le parfum incroyable des fleurs de frangipanier !

Je pense non sans appréhension au retour dans notre sud-ouest français. Comme ça me parait minuscule vu d’ici, vu d’en haut ! Une tournée où peut-être après tout, nous ne sommes jamais vraiment descendus de l’avion...

La mémoire a déjà commencé son travail de charognard, elle ne laissera que des os parfaitement blancs, des souvenirs purs, l’essence de nos illusions...

Un nectar à déguster plus tard, quand bien des pages auront été tournées.

Les retours m’effraient toujours un peu. C’est la toute dernière ligne qui m’éloigne de l’Asie, immense, immense, pour me ramener à mon petit chez moi.

Photos : Cathy Garcia

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