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Joëlle Aubron s’est envolée

mercredi 1er mars 2006, par Franca Maï

Mes pensées en ces jours de tristesse vont vers la famille, les proches et les amis de Joëlle Aubron.

Tous ceux qui l’ont connue, croisée, appréciée et qui derrière le « monstre » que la justice tente de nous mémoriser -pour apaiser les consciences revanchardes des justiciers de pacotille-, ont découvert une femme avec ses doutes, ses luttes, ses questionnements, ses larmes, ses rires et ses chemins de traverse. Tous ceux qui ont eu la chance de comprendre ce que clairvoyance sur un monde en décrépitude veut dire.


Malgré des années en quartier d’isolement, d’humiliations et de maladie, cette femme de quarante-six ans est restée debout, sans se renier ni se trahir. Elle aurait pu maintes fois « négocier sa liberté » mais son sens de l’éthique et son honnêteté en ont décidé autrement.

Quand bien même, les promeneurs égarés de cette terre inculte, ne partageraient ni le point de vue de la lutte armée, ni les exigences d’Action Directe, cet état d’esprit force le respect.

A l’heure, où une justice -catin calculatrice déshumanisée- minaude et joue avec les lois arbitrairement, en maintenant derrière les barreaux les prisonniers politiques d’AD : Georges Cipriani, Nathalie Ménigon, Jean-Marc Rouillan, Régis Schleicher -toujours encagés malgré leurs vingt années incompressibles exécutées- ceux-ci pleurent dans une solitude étouffante, leur frangine de sang.

Si la justice avait été juste et humaine, les membres d’AD auraient dû à cette heure, respirer l’air libre et entourer Joëlle Aubron pour son ultime voyage. L’embrasser une dernière fois. Participer aux rites funéraires qui aident au deuil.

Non, ils ont désespérément froid, esclaves de leurs quatre murs bétonnés.

Cette justice possède l’haleine fétide des carnassières à la cruauté barbare.

Elle a daigné cyniquement briser les chaînes lorsqu’elle a senti les spasmes de la faucheuse parcourir le corps de Joëlle Aubron, par une suspension de peine en 2004, pour raison médicale. Le crabe rongeur ne lui a laissé aucun répit. Joëlle Aubron est morte dans une maison de soins palliatifs à Paris (XVe arrondissement), où elle se trouvait depuis plus de deux semaines, après des séjours à l’hôptal d’Auxerre.

Aujourd’hui, je m’inquiète... surtout pour Nathalie Ménigon, partiellement hémiplégique et dépressive. Elle vient de perdre plus qu’une amie. Je crains que la douleur de cette amputation ne la laisse implacablement à terre.

Terrassée par le manque d’un être cher, d’une voix à jamais disparue.

Libération pour les prisonniers politiques d’Action directe

Non à la torture lente et à la peine de mort déguisée.

Ouvrez les cages !

Que Joëlle Aubron dorme en paix. Et que le soleil caresse ses os.

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1 Message

  • > Joëlle Aubron s’est envolée

    24 mars 2007 09:08, par DOMINIQUE

    et pour Nathalie MENIGON ils attendent quoi

    je n’ai pas leur expérience de la prison je viens d’y passer 7 mois (sortie en 02.06) depuis l’impression que le temps s’est arrété je n’arrive pas à m’en remettre depuis je suis soignée pour dépression sévère

    Je pense à elle qui en plus est malade merde il faut s’appeler PAPon pour etre libéré ?

    Voir en ligne : joelle GORON

    Répondre à ce message


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