dimanche 11 février 2007, par Alina Reyes
Quand je vois ce bel objet susceptible de se mettre à gonfler, durcir, se dresser… Comment dire ? Ça me fascine, ça m’énerve, ça me rend idiote, ça m’hébète, ça m’affame, ça me creuse, ça me rend vide, ça me fait envie… Ça me rend minuscule… Humble… Puissante… C’est trop beau, trop bon, trop étrange… Le pénis de l’amant.
Peut-être que j’aurais voulu en avoir un, moi aussi. Est-ce qu’il m’aurait paru aussi incroyablement merveilleux, agaçant ? Si j’en avais un à moi, je crois que je ne pourrais pas m’empêcher de m’amuser tout le temps avec.
Comment faites-vous, les hommes, pour arriver à penser parfois à autre chose, avec un truc si lourd, si magique entre les jambes ? S’il vous plait, soyez gentils avec votre partenaire féminine. Oubliez de temps en temps vos instincts de taureau, soyez dociles… Laissez-la jouer un peu avec votre chair…
Laissez-lui croire que toute cette mécanique est aussi à elle, qu’elle en est la Grande Machiniste, affairée au charbon avec la même ardeur, la même ivresse que si elle devait contrôler et conduire une grosse locomotive lancée à toute allure, haletante, à travers la nuit noire, juste trouée de ses braises et de ses cris sporadiques…
Je cherche des métaphores, tourne avec mes mots autour de la chose… Mais c’est qu’elle est inexprimable, peut-être. Ou bien aussitôt dite, à redire… Tout ça est affaire d’impression…
D’animal humain… Vous les hommes, avec votre pénis, vous me rendez toute petite, toute menue et potelée, toute heureuse, géante, supérieure.
Votre pénis ne vous fait pas seulement homme, il me fait femme. Je vous en prie, laissez les femmes aimer votre sexe ! Laissez-leur chercher, en plus du plaisir de leur sexe, le plaisir du vôtre !
D’accord ! Mille fois d’accord ! clame aussitôt le chœur des mâles. Mais ce n’est pas avec votre tête qu’il faut le dire. Il faut le dire avec votre corps.
La plupart du temps, vous êtes trop fier avec votre machin. Vous êtes dans la démonstration, la conquête, le qu’en-diras-tu.
Vous êtes tendus ? Parfait. Détendez-vous, vous n’en serez que mieux tendus.
Les femmes vous ont tellement réclamé le droit au plaisir que souvent vous n’avez plus qu’une obsession : les faire jouir.
C’est très gentil, mais elles ont souvent oublié de vous demander aussi de leur laisser le loisir de se servir de vous comme d’un jouet…
De vous considérer comme un jeu dont les règles ne sont pas écrites, mais à trouver…
De jouir à vous faire jouir, en somme…
Comment susciter de telles envies chez les moins imaginatives ? En vous laissant aller…
Défaillir… Que votre corps soit une arme, mais aussi un sourire grand ouvert, une prière, une béatitude… Que votre corps tout entier soit à l’image de votre pénis : appétissant, redoutable, glorieux, magnifique, mais aussi fragile, ultra-sensible, avide de caresses…
Qu’il soit une brute et un bébé…
Qu’il puisse convaincre à coups de reins et capituler sous l’emprise…
Qu’il soit chair, qu’il soit boue, argile bienfaisante, aimant se faire sculpter homme par l’esprit de la femme !
Qu’il soit pour la femme un dieu devant lequel elle s’agenouille, et qu’il en fasse la déesse qui le façonne !
Qu’il soit geyser et suintement !
Qu’il pilonne, qu’il ploie !
Quoi de plus troublant qu’un mélange de puissance virile et d’abandon langoureux ?
Je veux que mon homme sache tour à tour me maîtriser de son corps et m’offrir son corps en pâture…
Me prendre dans ses bras et se laisser prendre en main…
Qu’il soit le pieu et la friandise…
La force et la faiblesse… Je veux…
Je veux qu’il sache que je l’aime de toute sa chair, de tous ses os, de toute sa volonté. Je veux que vous arrêtiez de regarder comme une curiosité une femme qui aime votre sexe.
Je veux que vous-même aimiez suffisamment votre sexe pour la comprendre.
Source :
Bellaciao