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Rootz Underground en interview

Un article écrit par ZF

samedi 25 avril 2015, par Le Collectif Sistoeurs

Ils sont descendus de leurs chambres et nous ont rejoints dans une salle de l’hôtel. Souriants, disponibles, les membres du groupe Rootz Underground se sont installés à notre table et ont répondu à nos questions avec une gentillesse et une patience remarquables. Big Up les artistes !

Vous êtes en pleine tournée en ce moment : le 16 avril à Rillieux, puis le lendemain à Grenoble, puis le 18 avril à Mâcon… Pas trop fatigués par le rythme ?

On est fatigué ! Ça demande beaucoup d’énergie mais on gagne aussi beaucoup au contact du public. Finalement, on reçoit ce qu’on donne !

Le public français vous a véritablement adoptés. Vos prestations scéniques entre 2005 et 2010 ont marqué les esprits…

Oui, la première fois qu’on est venu en France on a joué en première partie d’Alpha Blondie au Zénith. Ensuite, on a fait 27 dates avec Danakil en France, Suisse et Belgique.

Comment se passe votre retour en France aujourd’hui ?

On a connu le public français il y a quatre ans, et il faut qu’on se réhabitue à lui et que la jeune génération apprenne à nous connaitre.

Vous préférez le travail en studio ou les rencontres avec le public ?

C’est totalement diffèrent et pourtant on aime les deux !

Il y avait eu “MOVEMENT” (2008) puis “GRAVITY” (2010). Vous sortez votre 3è album « Return of the righteous » cinq ans plus tard. Vous avez pris beaucoup plus de temps pour revenir, mais quel retour ! Deux volumes ! Pourquoi avoir fait ce choix ? Vous pouviez proposer deux albums avec des délais plus courts. Est-ce qu’il y a eu un changement dans votre façon de travailler ?

C’est parce qu’on a tellement de chansons et que l’on n’arrive pas à choisir démocratiquement quelle chanson sortir, du coup on les sort toutes !
C’est vrai, on a changé notre façon de travailler et de voir les choses. On a modifié notre approche de la musique. La raison pour laquelle on a écrit autant de chansons, c’est qu’on voulait faire beaucoup de singles. C’est ce que l’on a fait. Et on a décidé de toutes les mettre, mais sur deux volumes.

Quand sortira le volume 2 exactement ? Il est fini ?

Bientôt ! Il faudrait poser la question à la maison de disques.

Attardons-nous sur le titre. « Le retour des justes ». C’est un titre qui fait référence à l’Amour et à la spiritualité. Vous défendez l’idée, universelle, selon laquelle l’amour peut sauver le monde. Les guerres et l’injustice sont partout. Pensez-vous que les messages dans les chansons soient réellement écoutés ?

Hum….Le message est très important. Il faut réveiller la conscience des gens. C’est pour ça que le message doit être profond et fort. Pourtant, il est également important de juste s’amuser. La première chose qui percute les gens, c’est le rythme et la musique. Le Beat est le point crucial pour une bonne production.

Vous considérez-vous comme des artistes « engagés » ?

Socialement ? Oui très ! On travaille avec beaucoup d’ONG pour différentes causes : contre l’illettrisme, pour amener l’eau dans les pays sous-développées et pour l’environnement. En Jamaïque mais aussi dans le monde entier. La pollution de l’eau, le plastique, et les déchets sont des causes importantes pour nous. Ce sont des gros problèmes en Jamaïque. Et l’énergie aussi est un gros problème. On est impliqué dans tous les combats Holistiques. On a d’ailleurs écrit une chanson sur le gaz de schiste, qui réunit plein d’artistes pour s’opposer au gaz de schiste. Le gaz de schiste, c’est hallucinant et flippant, on se croirait dans un film de James Bond.

Vous faites des concerts en prison pendant votre tournée. La musique est un moyen d’offrir un peu de liberté à ceux qui en sont privés ?

Je ne sais pas quels degrés de liberté on peut amener, mais au moins la liberté de l’âme : celle de la culture, de l’art, de la peinture, des livres et bien sûr celle de la musique. La méditation !

On vous dit « Roots » : qu’en pensez-vous ? Comment vous situez-vous par rapport au Dancehall ?

On ne se considère pas forcément plus d’un côté ou de l’autre. On voit ça comme un tout ! La distinction se fait principalement par le biais de celui qui regarde. On nous pense peut être plus roots. Mais les choses se rejoignent tant qu’il y a une bonne vibe !

J’aimerais connaître votre avis sur le twerk ? L’image de la femme vous semble-t-elle dégradée ?

Rires . C’est difficile à danser ! Quand vous regardez ça de plus près, c’est une danse africaine traditionnelle avec des significations, comme par exemple la fertilisation. C’est juste l’interprétation que l’on en fait qui peut abimer l’image de la femme !

Vous travaillez ensemble depuis 15 ans. Avant d’entrer sur scène, vous avez des gestes ou des mots qui sont vos rituels ?

On est tous comme des frères avec beaucoup de confiance ! Le plus important, c’est quand on est sur scène, le contact avec le public, l’énergie et la spiritualité que l’on peut partager tous ensemble.

La 8ème chanson de l’album s’appelle « Kingston Town ». Vous l’avez enregistrée à Paris avec le fameux groupe Toots & The Maytals. C’était une rencontre due au hasard ou vous aviez programmé cette collaboration depuis la Jamaïque ?

On a enregistré à Paris et ça a été orchestré en Jamaïque.

Sherieta Lewis est également présente sur votre album. Une très belle collaboration féminine ! D’ailleurs, est-ce qu’il y a d’autres femmes avec lesquelles vous aimeriez collaborer ?

Oui, on aimerait beaucoup collaborer avec d’autres femmes. Ce sont nos collaborations favorites ! (rires) On en a déjà eu beaucoup et on aimerait en avoir beaucoup d’autres !

01 - Return Of The Righteous
02 - Fret Not Thyself
03 - Ban Mi Feat. Timeka Marshall
04 - Stronger Then
05 - New Tam
06 - Rootz & Culture
07 - Love Line
08 - Kingston Town Feat. Toots & The Maytals
09 Free Ft Sezi
10 Fire & Ice

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