Sistoeurs

Accueil du site > Humeurs > Lutte UNEDIC - Un poing dans l’actualité

Lutte UNEDIC - Un poing dans l’actualité

dimanche 22 juin 2014, par Flô Bouilloux


Hé oui, nous venons de vivre une semaine bien remplie ! (résumé jour par jour des actions en 2ème partie d'article)

 Partout la lutte contre la convention d'assurance-chômage s'amplifie ! Après le spectacle vivant et les festivals en grève, c'est tout un pan de la post-production audiovisuelle qui a rejoint la lutte ! Et d'autres syndicats et collectifs expriment leur soutien comme les syndicats de salariés du Ministère du travail et des Dirrecte (les antennes régionales) : UNAS CGT Paris, SUD TAS Sections d'Ile-de-France, SNU TEFE région parisienne. De plus en plus de liens se créent avec d'autres luttes, il y avait déjà les postiers du 92 (en grève depuis plus de 145 jours et ça s'étend aujourd'hui à plusieurs départements), il y a maintenant les cheminots, et ça, tout là-haut, ils n'aiment pas trop... Alors, les medias se font un malin plaisir de tenter de nous/vous enfumer, d'expliquer que ces réformes sont bonnes, que nous n'y comprenons rien, que nous ne savons même pas pourquoi nous sommes en lutte. Mais si les medias voulaient vraiment le savoir, il leur suffirait de nous le demander au lieu de recracher le discours du gouvernement/Medef !

 Oui parce que ce ne sont pas les annonces du gouvernement par la voix de son Premier Ministre Manuel Valls qui vont arrêter là le mouvement. Pourquoi ?

Parce que ça ne règle rien (lire le communiqué de la Coordination des Intermittents et Précaires d'Ile-de-France et celui de la Fédération Spectacle de la CGT à ce sujet), le gouvernement distribue un sédatif social aux intermittents, il tente de les corrompre pour qu'ils arrêtent la lutte et que l'été des festivals se passe bien.

Mais il ne veut pas entendre que c'est tout l'accord du 22 mars qui est à jeter à la poubelle ! On a déjà expliqué pourquoi :

  • l'application des droits rechargeables pour le régime général serait une catastrophe,

  • les intérimaires perdraient plusieurs centaines d'euros par mois,

  • les intermittents hors-spectacle passeraient carrément au régime général et perdraient encore plus,

  • les intermittents du spectacle verraient l'accord de 2003 reconduit en pire : les plus fragiles seraient encore plus fragilisés... Cet accord inique qui a causé 70% de précarité en plus et qui a mis en place un système de redistribution vers le haut : les plus pauvres, qui sont parfois sortis du système cotisent pour les plus riches !

Ce qu'il faut bien comprendre c'est que le sujet du régime de l'intermittence du spectacle est une question de droits sociaux et pas de culture ou " d'exception culturelle " comme ils veulent nous le faire croire. C'est un système pensé en réponse au problème de l'emploi discontinu qui est une réalité dans ces métiers, tout comme ceux des intérimaires, des dockers, des journalistes... Ces régimes spécifiques relèvent de la solidarité interprofessionnelle au sein de l'assurance-chômage. (sur ce sujet, lire l'interview de Mathieu Gragoire sur Mediapart et regarder l'émission Arrêt sur Image du 20 juin )

 Hé oui, l'assurance-chômage, comme la sécurité sociale et la retraite, relève de la solidarité interprofessionnelle : ceux qui sont en bonne santé cotisent pour les malades, les actifs cotisent pour les retraités, les travailleurs cotisent pour ceux qui n'ont pas d'emploi. Tout cela a été mis en place après la deuxième guerre mondiale par le Conseil National de la Résistance (CNR) qui considérait que ces différentes caisses devaient être indépendantes de l'état et de tout changement de régime et que c'étaient aux travailleurs eux-mêmes d'organiser la gestion de leurs cotisations. La sécurité sociale a d'ailleurs été gérée par les syndicats de salariés uniquement jusqu'en 1967.

Le Medef menace de quitter la gestion de l'Unédic si l'accord du 22 mars n'est pas agréé, qu'il s'en aille, il n'a rien à y faire ! Cela reste évidemment du bluff, il aurait bien trop à y perdre...

Au sein de l'assurance-chômage, il y a le régime général et plusieurs régimes spécifiques. Mais il n'y a pas une caisse par régime, tout est mis ensemble, c'est là le principe de la solidarité interprofessionnelle. Il n'y a pas une caisse pour les intérimaires, une caisse pour les dockers, une caisse pour les marins pêcheurs, une caisse pour les journalistes, une caisse pour les intermittents du spectacle, une caisse pour le régime général... Donc parler du " déficit " d'un régime spécifique comme ils le font, que ce soit de 1 milliard ou 320 millions, ça n'a pas de sens !

Dans ce cadre-là, les intermittents du spectacle, par exemple, ne coûtent pas plus cher que les autres chômeurs, ils représentent 3,5% des allocataires et 3,4% des dépenses. (cf le rapport de Mathieu Grégoire pour le Syndéac

 Ce que nous demandons depuis plusieurs mois aux gouvernements successifs, ce n'est pas une aumône, ce n'est pas sortir les intermittents du spectacle de la solidarité interprofessionnelle, ce que nous exigeons c'est qu'il n'agrée pas cette convention d'assurance-chômage !

Il avoue lui-même qu'elle est mauvaise et qu'il faut la remettre à plat. Pourquoi signer pour discuter après ?! Pourquoi sont-ils aussi pressés de signer ? Tiens-tiens, la conférence sociale aura lieu les 7 et 8 juillet prochains et la convention d'assurance-chômage fait partie intégrante du " Pacte de Responsabilité " conclu entre le gouvernement, le Medef et la CFDT. Il y est inscrit une économie de 2 milliards sur le dos des chômeurs. Alors on peut se demander qui tient vraiment les rennes : le gouvernement ou le Medef ?

Qui sont les " jusqu’au-boutistes " dans cette histoire ?

Nous sommes plus que jamais en lutte !

Et ce n'est pas par gaieté de coeur, si vous croyez que faire grève, annuler des spectacles, des festivals, mettre en péril nos compagnies et nos emplois, se faire arroser de lacrymos... ça nous amuse, vous vous trompez. Nous sommes en colère et nous avons raison de l'être ! Nos actions ne connaîtront pas de pause jusqu'à ce qu'ils reculent !

Chômeurs, précaires, intermittents, intérimaires, salariés du privé ou du public, retraités, étudiants, avec ou sans papiers, nous sommes tous concernés !

Ce que nous défendons, nous le défendons pour tous !

 

Les prochains rendez-vous :

Le préavis de grève est reconduit par la CGT-Spectacle pour tout le mois de Juillet.

Lundi 23 juin, 18h30 : AG unitaire

Pour les franciliens, sous le péristyle de la Grande Halle de la Villette (M° Porte de Pantin).

Jeudi 26 juin : Journée de mobilisation !

C'est le jour probable de l'agrément par le Ministre du Travail. Rendez-vous à 13h30 devant Le Cirque D’hiver (110 rue Amelot 75011 Paris - M° Filles du Calvaire) pour rejoindre en cortège la manifestation interprofessionnelle à l’appel de la CGT qui partira de Bastille à 14H30 pour se rendre à Nation.

Vendredi 4 juillet : Grève massive

Dans tous les secteurs du spectacle, du cinéma et l’audiovisuel pour le jour de l’ouverture du Festival d’Avignon.

Pour l'agenda au jour le jour, rendez-vous sur : www.cip-idf.org/

Résumé des épisodes précédents :

(Et tout ça, ce n'est que pour Paris, des actions sont menées partout en France ! retrouvez les résumés jour par jour)

Lundi 16 juin :

C'étai t le jour de la réunion du CNPS (Conseil National des Professions du Spectacle) à propos du budget de la culture 2015 (lire l'adresse de la CGT-Spectacle à Aurélie Filipetti).

Grosse journée de grève, on compte énormément de lieux de spectacle vivant en grève, certains depuis plusieurs jours comme à Montpellier où le Festival Le Printemps des Comédiens n'a finalement pas eu lieu, à Paris, la Comédie Française, la Grande Halle de la Villette, la Cité de la Musique, le 104, le Théâtre de la Ville, l'Athénée et le Théâtre des Champs-Élysées et ce ne sont que des exemples, à Lyon, les Nuits de Fourvière... (voir toute la liste) Dans l'audiovisuel, c'est un mouvement comme on en voit rarement, les tournage de Plus Belle la Vie et d'Engrenages sont en grève ainsi qu'une vingtaine de studios de post-production et d'effets spéciaux .

Nous sommes plus de 10 000 à nous masser sur la place du Palais Royal ! Après des prises de parole nous partons en manifestation en direction de Matignon.

Le soir, nous sommes plus de 1 000 à l'Assemblée Générale unitaire devant la Halle de la Villette.

Mardi 17 juin :

 Manifestation avec les cheminots et autres salariés du rail en grève depuis 7 jours !

 

 

 

 

Mercredi 18 juin :

Jour de la réunion du CNE censé donner son aval pour l'agrément de la convention d'assurance-chômage.

À 6h30, nous investissons, à plus de 200, le chantier de la Philharmonie de Paris et bloquons pour la journée ! Ce chantier gigantesque mené par Bouygues qui exploite des salariés étrangers, certainement pour bon nombre sans papiers, avec des salaires de misère à 4€ de l'heure pour certains. Tout ça pour construire un immense auditorium qui appartiendra pour 45% aux Ministères de la Culture et du Travail ! (Voir la vidéo de BFMTV )

 Nous installons des banderoles visibles du périphérique. La police empêche le ravitaillement des copains qui occupent le toit en plein soleil, ils n'ont ni eau ni nourriture pendant plusieurs heures. Heureusement, un copain cheminot parvient à les déjouer et à escalader la façade pour leur amener de l'eau !

Finalement, tout le monde évacue dans le calme à l'heure de l'AG qui a lieu, à quelques mettre, à la Villette.

Jeudi 19 juin :

Grosse journée de manif interprofessionnelle ! (lire l'article de Paris-lutte-info )

 Le rendez-vous est donné le matin à Montparnasse. Plus de 10 000 personnes s'y retrouvent, cheminots, précaires, intermittents, intérimaires, postiers en lutte, etc. Ils iront jusqu'aux Invalides où la manifestation sera interdite. De là, un groupe de 1 000 personnes se retrouvera sous la Tour Eiffel, lieu symbolique et imposant, pour faire une AG. C'est ensuite à Science-Po qu'ils se rendront pour interrompre un " Colloque I nternational sur le travail et les politiques de l’emploi " en présence de Vincent Destival, directeur général de l’Unédic notamment. Mais la journée ne s'arrête là puisque science-po se trouve juste à côté de Matignon, c'est le moment rêvé de rendre une petite visite au Premier Ministre qui va faire sa conférence de presse où l'un des copains réussit à s'introduire...

Vendredi 20 juin :

 Après une AG à la Villette, c'est cette fois-ci à Aubervilliers, au siège social de Radiall, l'entreprise de Pierre Gattaz, patron du Medef, que 200 manifestants sont arrivés et ont occupés aprés avoir pris soin de déménager le mobilier sur le trottoir. Hé oui, maintenant, le Medef gouverne Matignon, alors on les aide à déménager !

Répondre à cet article


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Newsletter | Nous contacter | Qui sommes-nous ? | SPIP
Les articles sont publiés sous licence Creative Commons.
Ils sont à votre disposition, veillez à mentionner l'auteur et le site émetteur.