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« Je suis très souvent d’accord avec les gens qui pensent comme moi », Le dernier livre de Frédéric Vignale

dimanche 18 mars 2012, par Séverine Capeille


Frédéric Vignale… Comment commencer afin de présenter objectivement celui que j’appelle tendrement F.V par mails depuis bientôt une dizaine d’années ? Je lui dois tout simplement mon existence sur le Web. Je lui dois mes premiers textes publiés sur ses sites, mes premiers mots envoyés sur la Toile. Et je lui dois Sistoeurs. C’est lui qui a créé ce webzine pour moi en octobre 2003. Il a trouvé le nom aussi. « Sistoeurs », c’est de lui. Il m’a appris à publier, à illustrer, à reprendre les textes, à corriger… Les mails que nous avons échangés se comptent par milliers. C’est lui qui m’a mis en contact avec Franca Maï. Et la façon qu’il a eue de le faire est digne des plus grandes histoires littéraires…

Franca Maï avait laissé un message dans le forum du Mague à la suite d’un article que j’avais écrit. Nous n’étions pas d’accord. Notre premier échange fut vif et l’on peut dire que personne n’aurait alors pensé que nous pourrions par la suite vivre ensemble une belle amitié. C’était compter sans F.V. Quand «  Jean-Pôl et la môme caoutchouc » a été publié, il m’a envoyé un exemplaire en modifiant le nom de l’auteur afin que je ne sois pas influencée et il m’a demandé d’en faire la critique. J’ai lu le roman. J’ai adoré. Il a ensuite fait passer ma critique à Franca Maï, en prenant soin également de changer mon nom. Elle a lu ma critique. Elle m’a ensuite remerciée « pour les clefs livrées ». Voilà comment ça a commencé. Romanesque n’est-ce pas ?

Si je n’avais pas croisé Frédéric Vignale au détour d’un de ces mystérieux chemins sur la Toile, vous ne seriez pas en train de lire ces lignes. Il a cru en moi comme aucun homme ne l’avait jamais fait auparavant. Avec obstination, il a évincé mes peurs et mes doutes quant à ma capacité à pouvoir écrire, publier, créer. Alors non, je ne peux pas le présenter « objectivement ». Ceux qui ne le connaissent pas encore peuvent le découvrir sur son site personnel www.fredericvignale.net ou sur son webzine www.lemague.net . Ils se rendront compte très rapidement de l’incroyable talent d’un homme inclassable. Un Artiste, un vrai.

Frédéric Vignale nous présente son dernier livre : « Je suis très souvent d’accord avec les gens qui pensent comme moi », publié aux éditions du Littéraire.

***

1/ Séverine Capeille : Tu sais, ça me fait bizarre de te faire une e-terview, à toi qui en a inventé le concept avant tout le monde. Tu avais d’ailleurs publié un livre en 2002 : « E-terviews – 44 interviews par e-mail ». Dix ans plus tard, tu innoves encore, avec ces publications de tes statuts Facebook. On peut dire que tu es toujours en avance (et même pour tes rendez-vous, ce qui est tellement rare de nos jours que ça mérite d’être souligné). Comment t’es venue cette idée ?

Frédéric Vignale : Les idées, on ne sait jamais vraiment d’où ça vient. Souvent, pourtant ce sont des visions, des déclics ou des intuitions qu’il faut suivre sans se poser trop de questions. En tout cas moi, je fonctionne comme cela, je me laisse totalement gouverner par mes idées. Mais le drame des idées, c’est que même si tu as la belle ou la plus audacieuse et novatrice du monde, tu trouveras toujours un aigri, un jaloux ou un fainéant te dire « Je l’ai eue aussi » ou « C’est une idée facile » ou « Ça ne marchera pas ». Souvent aussi on te la pique sans ménagement. Avoir des idées créait souvent des situations ingrates ou décevantes ou conflictuelles. Lorsque j’ai entendu parler de Facebook par mon ami Julien Alles (qui s’occupe de la BD au Mague (www.lemague.net) depuis longtemps, je n’y ai pas cru car je ne savais pas qu’il y avait dans ce système, la possibilité du Statut. Quand je me suis inscrit et que j’ai découvert « Le Statut » je me suis dit que c’était quelque chose d’incroyablement littéraire qui ouvrait des champs de créations inouïes (attention j’emploie souvent ce mot).
Facebook est devenu un immense terrain de jeu, d’expérimentation pour moi. Il m’a très vite semblé naturel de garder une trace de cette grande activité d’écriture sur FB, d’échange, une trace « Historique » donc j’ai eu l’idée de compiler un an d’aphorismes made in Facebook et j’en ai parlé à un aussi fou que moi, l’Editeur et Auteur Patrick Lowie et il m’a suivi. C’est ainsi que cette grande aventure textuelle autour de l’aphorisme est née et fait désormais partie intégrante de ma vie.
L’internet a toujours été un outil profondément fait pour produire de la Littérature. Le lien hypertexte, c’est le principe même de l’intertextualité, les e-mails ce sont les correspondances d’antan. Facebook est un laboratoire de nouveaux auteurs tout à fait fascinant et un grand moteur d’actions. Les grands futurs auteurs du siècle sont déjà sur Facebook et les autres réseaux sociaux. Si Dali, Picasso ou Zola ou Proust étaient de notre temps, ils auraient un compte Facebook.

2/ En quoi les aphorismes sont-ils pour toi un moyen d’expression privilégié ?

Si un auteur sait écrire, il est bon en aphorismes, c’est mathématiques (rires). Les formes brèves demandent autant sinon plus de métier que les formes longues. En peu de mots on peut tout dire, on reconnaît un style, une patte, un univers en une ou deux phrases. C’est un superbe exercice de style et le plus de Facebook c’est que tu écris ces aphorismes et tu as la sanction immédiate du public. Si tu es bon, on te suit, on te « like », si tu écris mal ou que tu n’as rien à dire, tu ne fédères pas, tu n’accroches pas, tu ne fidélises pas. Tu dois à la fois te plaire mais plaire aussi aux autres, c’est une école « remarquable » comme dirait Nicolas Sarkozy, car notre ex futur président a beaucoup de mots à son vocabulaire.
Je pense être assez vif d’esprit donc les formules rapides et intemporelles, voire universelles, me conviennent parfaitement. C’est aussi un peu l’écriture de l’époque, faut capter, séduire, déranger, provoquer, interroger et sourire en peu de mots. Regardez le succès de la série « Bref » sur Canal +…

3/ 365 statuts, c’est à la fois la possibilité de revenir sur l’année 2010 et d’envisager avec du recul ses actualités, mais c’est aussi une façon de te connaître dans tous les aspects de ta personnalité. Ces pensées fragmentées témoignent de l’esprit libre qu’est le tien. Et de ton humour particulier. Comment réagis-tu face aux lecteurs qui ne saisissent pas le second degré ?

C’est en effet de l’autofiction, un roman narcissique, en 365 morceaux tournés vers soi-même et les autres (sinon ça ne marcherait pas). C’est un travail sur l’Ego, sur le « moi » littéraire sur le triomphe de la troisième personne. Car les statuts Facebook sont souvent écrits à la troisième personne.
Il y a les actualités bien sûr mais aussi les phrases personnelles et les réflexions sur le monde et les autres. J’essaye d’écrire un peu sur tout, sur mon nombril bien sûr car je le crois assez intéressant mais aussi sur les mécaniques du web, sur la notoriété, sur l’art, sur l’échec, sur les people, sur la politique ou le sexe. Je ne me censure plus depuis le 12 janvier 1986 à 23 H44. Pour l’humour, c’est tout ce qui ne m’intéresse pas, je n’essaye pas de faire rire ou d’amuser. Je ne suis pas un humoriste, un comique ou un mec rigolo. Si on trouve ça drôle tant mieux, mais je ne pense jamais à ça. Je n’écris pas pour faire marrer mon époque car mon époque ne me fait pas tellement rire elle-même. J’essaye d’être ce que je suis, un type de quarante ans qui en fait trente-neuf et qui aime la profondeur dans la légèreté, les chansons tristes et les vies gaies.
Ceux qui ne comprennent pas mes degrés d’ « humour » sont assez malheureux mais certains me suivent par masochisme intellectuel et je trouve ça très courageux. Encore une fois, mon écriture, mon humour que tu qualifies de particulier n’est que le prolongement de mon œil, de ma pensée. Je vois le monde comme cela, souvent en ironie, souvent à l’envers, souvent de manière « bizarre » comme dit ma grand-mère Simone.

4/ Tu as aujourd’hui de nombreux fans. Comme tu es déjà narcissique et mégalo, que pourrais-tu craindre de la notoriété ?

Il faut d’abord préciser que je suis mon premier fan, j’adore ce que je fais. Je ne doute jamais de ce que je suis ou fait car je me connais bien. Donc à partir de là je n’ai pas besoin des autres pour m’auto-congratuler, je fais ça très bien tout seul. J’adore les gens, leur écrire, débattre avec eux mais je n’ai pas besoin d’eux pour créer, je vis cela sereinement de manière autonome.
Il est vrai que j’ai désormais un public qui m’aime, me suit, prend du plaisir à me lire mais c’est un plus, je ne suis pas dépendant de lui. Ma notoriété, sauf incident, risque de rester longtemps peu grand public car je ne fais aucun compromis, je n’ai pas peur de déplaire et je ne vais frapper à aucune porte.
Mais je sens un mouvement, il y a de plus en plus de personnes qui me lisent et ce public est d’une grande qualité. Des producteurs de télé, des écrivains importants, des journalistes, de grands avocats, des gens inconnus mais brillants et intelligents, tout cela me montre que j’avance et que ce que je produis a une certaine qualité pour ne pas dire une qualité certaine.

5/ J’aimerais qu’on revienne publiquement sur ces histoires de jeux de mots. Tu dis que tu n’aimes pas ça. D’accord. Alors comment expliques-tu que j’en trouve plein tes statuts ?

Ce que je déteste ce sont les gens qui sont prisonniers dans l’écriture ou dans la vie de « mécaniques » de jeux de mots. C’est épouvantable. Laurent Ruquier est comme cela. Il a du mal à sortir de cela. Ce n’est pas nul mais c’est agaçant et ça appauvrit la pensée. Il faut savoir jouer avec les mots mais de manière digne, subtile, brillante sinon on est Jean Roucas ou Philippe Bouvard.
Je crois vraiment que le jeu de mot est un piège que tend la gaudriole à la Littérature. Encore une fois, j’ai sans doute des progrès à faire, je peux encore améliorer mon écriture mais jamais je ne cède à la facilité du jeu de mot. Chez moi il a toujours un sens profond, un sens très référentiel, un sens qui dépasse une mécanique facile ou pauvre.

6/ On dit tout et n’importe quoi sur toi. On te fait des procès d’intention qui n’ont pas lieu d’être et pourtant rien ne t’arrête. Est-ce que ces jugements erronés t’amusent toujours autant ou es-tu parfois fatigué ?

J’ai toujours été très attaqué, avec une grande violence même. J’ai toujours dérangé le médiocre ou celui qui ne fait rien de sa vie car j’ai toujours été hyperactif et libre. Je suis mon propre patron, je ne travaille pour personne (ou alors très occasionnellement) je ne supporte aucune autorité. Ce côté affranchi fait peur, on se demande toujours si je suis de droite, du centre ou du milieu, comment je gagne ma vie, qui sont mes soutiens.
C’est simple, je suis un homme libre parfaitement athée qui s’intéresse à la vie par thèse et antithèse, par jeu, par provocation ou expérience.
Je crois qu’on a tout dit sur moi ; que j’étais d’extrême gauche, d’extrême droite, nazi, communiste, que j’étais un voyou, un vendu, un escroc, un rentier. On fantasme beaucoup sur moi mais la réalité est bien décevante. J’ai un casier judiciaire parfaitement vierge et je défie quiconque de prouver que je ne suis pas ce que je prétends être.
J’ai une vie très romanesque, certes mais riche et complètement assumée. Je ne rentrerai plus dans le rang à mon âge. Je m’amuse autant des messages laudatifs que des messages de haine car ce qui m’angoisse le plus c’est qu’on ne parle plus de moi. Donc si mes ennemis étaient plus malins ils feraient tout pour m’oublier mais j’ai une sorte de malédiction, je n’ai pour ennemis que des gens laids, incultes, souvent malades mentalement et sans aucun talent. C’est cela mon vrai drame. Je rêve d’avoir à combattre des gens qui utiliseraient les mêmes codes et la même éthique que moi. J’aime plus que tout le code de l’honneur. J’aime les duels plein de panache à l’italienne, pas autre chose.

7/ Tu sais parfaitement qui tu es. Tu es capable de détailler avec précision l’ensemble de tes qualités et de tes défauts. Si tu n’épargnes pas les autres, tu sais également faire preuve à ton égard d’une redoutable lucidité. Quel est le jugement porté sur toi qui te semble le plus absurde et mensonger à tes yeux ?

Tout ce qui est écrit sur moi avec malveillance est faux. Je n’ai pas à démontrer qui je suis. On est dans une société qui aime se débarrasser des gens un peu brillants en les traitant d’antisémite, d’escroc, de voleur, de violent et j’en passe comme cela ça stoppe tout. Le Net, par exemple, aime détruire les réputations en deux articles diffamatoires ou mensongers. Mais la vérité finit toujours par triompher.
On est souvent attaqué par des plus mauvais que soit dans des jugements absurdes et puérils.
Je suis très fier de mon parcours atypique, de tout ce que j’ai dit ou pu faire dans ma vie.
Je n’ai à rougir de rien et on peut dire ce qu’on veut (on ne s’en ait pas privé) mais il est des choses auxquelles il ne faut pas toucher. Ma famille, mon honnêteté et mon intimité sont les choses que je défends le plus. Désormais j’attaquerai sans ménagement tous ceux qui oseront toucher à ces domaines.
Le Net est devenu une jungle peuplée de gens qui profitent d’être cachés derrière leurs écrans pour distiller leur haine, leur violence, leur intégrisme. Il faut se battre légalement, pénalement contre ces malfaisants. Pour reprendre le poète Pascal Obispo (que Baudelaire a pas mal plagié, il faut le dire), « je suis comme je suis, je vis comme je vis et je n’ai la prétention de rien ». Moi j’ai la prétention de tout mais c’est un peu la même idée forte.

8/ Penses-tu que la provocation puisse réveiller les consciences ?

Tout ce qui est pensé, intelligent et réfléchi, analysé, disséqué éveille les consciences. La provocation ce n’est pas un truc, comme ça, que tu utilises comme une posture littéraire, politique ou artistique. Souvent on me dit que je suis provocant et je ne m’en rends même pas compte.
Je crois que c’est ce monde qui est une provocation, son indécence, son rapport à l’autre, au fric, au sexe, au pouvoir, à la misère.
Je pense qu’on est toujours le provocateur d’un mou qui ne provoque jamais rien. Je ne cherche ni à endormir ni à réveiller les consciences, j’ouvre un débat public. Je le fais depuis presque 10 ans avec mon journal Le Mague et dans tout ce que je fais. Je suis toujours dans le partage d’idées, d’émotions.
Je pense que je suis un déclic dans la vie de certaines personnes, c’est pour cela aussi que je fais de la photo car la photo est un révélateur.
J’essaye que tout ce que je fais soit motivé par des idées ou du sens. Si je fais avancer des choses à mon petit niveau, si je marque certains esprits, c’est tant mieux. Le meilleur compliment qu’on puisse me faire c’est « Je ne suis pas toujours d’accord avec toi mais je ne peux m’empêcher de prendre du plaisir à te lire ». C’est certain, si j’avais été vicieux, malhonnête et si j’avais aimé le fric j’aurais été Gourou, homme politique, psy ou DJ.

9/ Te considères-tu comme un Artiste engagé ?

Je suis quelqu’un de partisan. J’aime les gens qui sont comme moi. Je déteste ceux qui n’ont d’avis sur rien, qui ne se mouillent pas. J’ai des amis de tous les bords, de tous les courants. Des anarchistes, des bobos, des communistes, des UMP, des FN et même des fans de Jean Dujardin. Je suis devenu très tolérant avec l’âge.
Par contre, je m’engage dans tout ce que je fais, je ne fais rien à moitié. J’engage mon énergie et mon talent, mon enthousiasme, ma fougue et ma folie créative.
Je respecte toutes les idées si elles ont exprimées avec intelligence et respect.
Comme m’a dit un jour Philippe Gildas « Je suis de Gauche quand j’entends des propos trop à droite et inversement ». Le monde des idées ne se définit plus depuis bien longtemps entre la gauche et la droite de toute façon.
Mais je serai toujours du côté des faibles, des moches, des petits, des humiliés, des inconnus et des exploités même si j’adore le luxe et manger des bulots.

10/ Tu places l’Art au-dessus de tout. Tu as refusé de grosses sommes d’argent uniquement parce que le résultat demandé ne correspondait pas à tes attentes artistiques. Tu conviendras aisément que, dans cette société qui évalue la réussite en termes d’actions boursière (ou de montres Rolex), ce genre de comportement est plutôt rare. Y a-t-il une somme qui te ferait réfléchir, voire revenir sur ton intégrité ?

Je ne suis pas achetable. Beaucoup l’ont compris à leurs dépens. Tout le monde est plus ou moins achetable, sauf moi. Je ne suis pas une pute et je ne vais pas voir les putes, j’ai trop de respect pour moi-même et pour les femmes.
L’intégrité ça ne se défend pas, ça ne se revendique pas. On l’a ou pas.
J’ai bien envie de continuer à faire ce que je fais. Etre gratuit pour les pauvres avec talent et être très cher pour les riches sans aucun talent.

11/Serais-tu prêt à mourir dans la plus parfaite incompréhension générale et dans la plus grande nudité (point commun récurrent des génies) au nom de tes idées ?

Mourir ne m’intéresse pas. Ou alors si je suis TRES vivant car je sais que je peux mourir mais même si je mourrais demain, je ne pourrais rien regretter. J’ai déjà eu, à l’heure où j’écris ces lignes, une vie magnifique et unique. Tout ce qui peut arriver après cette interview c’est du bonus. Je me fiche de ce qu’on pourra dire de moi après ma mort, ce qui m’intéresse c’est ce que je vis en dehors de la tombe. Mourir ne fait pas partie de mes projets mais j’accepterai la date avec fatalisme. Je suis un fataliste optimiste. Je prends ce que la vie me donne. Pour l’instant ça m’a réussi et si ça dure encore un peu j’en profiterai pour avoir du plaisir, aimer, multiplier les expériences, créer, partager et apprendre. Finalement j’ai passé les quarante premières années de ma vie à aimer, apprendre, jouir et créer. Ce fut quarante ans d’une grande intensité. Je suis vivant et le reste à moins d’importance.

12/ Tu as du talent dans des domaines artistiques très diversifiés. Que voudrais-tu qu’on retienne en premier lieu de toi ? Tes photographies, tes textes, tes films… ? Ou faut-il les envisager comme les composantes d’une Œuvre qui les transcende ?

Honnêtement je crois que je suis plus intéressant que mon « œuvre » ou mes créations multiples. Ce qu’il faut retenir de mon travail c’est moi, mon regard, mon œil. Le reste n’est que blabla. Si on regarde tout ce que je fais, si on y réfléchit, tout est cohérent, je n’ai rien fait au hasard. Je pense que les commentaires critiques sur mon travail sont aussi importants que mon travail lui-même. J’engage donc le monde des critiques à se pencher sur lui en tout bienveillance.

13/ Après « Frédéric Vignale trouve que Louis XIV était vraiment un bon président de la République » et « Je suis très souvent d’accord avec les gens qui pensent comme moi », peux-tu nous révéler le titre de ta prochaine publication ?

Ca s’appellera « Je suis vivant et le reste a moins d’importance » aux Editions du Littéraire. Mes aphorismes seront réunis sous forme de thématiques. La préface est de Mina Christ qui est une amie Facebook qui me connaît bien. Je suis très fier que ce soit elle car je ne voulais pas de célébrité ou de prête-nom pour commencer ce livre, je voulais une vraie personne admirable. La couverture est un dessin de Cheyenne Schiavone, une jeune artiste que j’aime beaucoup. Ce livre est mon dernier mais c’est surtout mon meilleur.

14/ Quels sont tes autres projets ?

Je n’ai jamais de projets. J’attends que la vie et les rencontres m’en amènent. C’est comme cela que je fonctionne. Et puis je suis superstitieux. Chaque fois qu’on annonce quelque chose publiquement, ça foire lamentablement. Donc mon projet c’est de vivre, d’aimer et d’être aimé, d’avoir la santé et si possible un peu d’argent pour survivre dans ce monde de brutes, voilà mes seuls véritables projets !!

15/ La dernière question est celle que tu m’as appris toi-même il y a quelques années : Par quoi voudrais-tu terminer ?!

Puisque je suis sur Sistoeurs.Net je voudrais remercier les femmes. Car je leur dois tout. Ma grand-mère, ma mère, mes cousines, mes amies, mes amours ont fait de moi ce que je suis. Si je suis un garçon heureux et qui peut se regarder dans la glace c’est avant tout grâce aux femmes. Femmes je vous aime. Sistoeurs je vous love.

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