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Candi Staton

samedi 24 juillet 2010, par Keira Maameri

Ce qu’il est plaisant d’être parisienne parfois, notamment lorsqu’il y a des artistes internationaux qui daignent venir nous rendre visite en France mais juste à une date et dans une seule ville : Paris. Je reconnais en cela être une privilégiée car, par exemple, j’ai pu voir CANDI STATON en concert.

Vite fait, pour ceux qui ne la connaissent pas, Candi Staton vient de fêter ses 69 ans et elle est originaire de l’Alabama. Je n’ose imaginer son enfance, il y a plus d’un demi siècle, dans le sud raciste américain. Par déformation professionnelle, je pense que sa vie serait digne d’un "Au pays de Candi" tant elle n’a été rythmée qu’au gré des "ups and down" de son histoire personnelle dans la grande Histoire américaine. Cette histoire qu’elle chante par moment et que l’on peut découvrir à travers sa discographie, laquelle est passée du gospel au disco en passant par du RnB (le vrai RnB, pas celui d’aujourd’hui)...

Bref, après avoir réussi à me garer non loin du théâtre de l’Alhambra, ce qui relève du miracle à Paris, je me dirige vers la salle, le sourire aux lèvres, pressée de la revoir sur scène (car cette fois là ne sera que la troisième !). Par contre, ce sera ma première à l’Alhambra...

Je découvre un beau théâtre, ce qui induit des sièges et qui signifie donc que ce sera un concert assis... Ca me fait bizarre ! L’appréciation d’un concert est complétement différente. Telle Oxmo, " J’débarque " dans la baraque, et je suis époustouflée par la première partie que je prends en route... arrivée en retard oblige ! C’est ma marque de fabrique ! Sans aucun doute, ce jeune anglais de 20 ans, James Murray, risque bien de faire parler de lui sous peu. Une guitare sèche et une voix de ouf à rendre ouf ! Comme quoi, la folie ne tient pas à grand chose...

La première partie se termine, les lumières se rallument. Effectivement, il n’y a que des fauteuils partout et forcément, les gens sont sagement assis ! MERDE ! C’est mon premier concert assis, ça me fait vraiment bizarre... Bon ben, je suis bien éduquée et pas particulièrement rebelle alors je m’assois gentiment à côté d’une inconnue.

Les musiciens sont enfin installés. Les deux choristes (un homme et une femme qui n’est autre que la fille de Candi) commencent à chanter, signe que le concert va enfin démarrer. L’arrivée de Candi Staton sur scène se fait sous les applaudissements. Elle est classieuse, vêtue d’un ensemble noir pailleté, pas très grande en taille malgré les petites sandales à talon aux pieds. Pour mettre tout le monde d’accord, puisque tous les âges sont au théâtre, elle amorce son show par Nights on broadway. A 69 ans, elle nous épargne la version disco de la reprise des Bee-Gees pour nous la faire plutôt groovy. On ne peut qu’apprécier les explications ou récits qui entrecoupent chaque chanson. La chanteuse nous propose des anciens titres tels que I’ m just a prisoner, suscipious love, stand by your man, too hurt to cry ou I’d rather be an old man’s sweetheart. D’ailleurs, cette chanson permet aux frustrés du concert (dont moi) de nous lever de nos sièges à sa demande. Dommage que cela n’arrive qu’à la huitième chanson, presque à la moitié du concert, mais merci quand même ! Telle une grand mère qui donne à ses petits enfants des conseils basés sur son expérience, Mamie Staton nous explique, juste avant de commencer cette chanson, que quelquefois il vaut mieux être la femme d’un vieil homme "bon" qu’un jeune "con". En rajoutant que c’est même plus un état d’esprit qu’un nombre d’années, car il existe aussi des vieux jeunes et de jeunes vieux...

Si les filles présentes sont d’accord avec elle, ces dernières sont invitées par Candi Staton à se manifester en se levant de leur siège et à faire la fête avec elle. Bon, moi, en bonne arriviste, me foutant éperdument d’avoir un avis sur ce postulat, j’en profite quand même pour me lever et me diriger tranquillement au devant de la scène afin de commencer les pas de danse, pas plus élaborés que "je danse le mia" style mais suffisamment pour me transporter dans le monde de la joie et du bien être.

je suis enfin libérée de ce concert guindé qui me pesait et qui m’empêchait d’en profiter au maximum. Son track listing est parsemé de quelques chansons de son nouvel album (pas encore sorti au moment du concert). Souvent autour de l’Amour, mais tant que c’est bon, c’est bon ! I feel the same, Who’s hurting now ? et mon moment d’émotion du concert est pendant Breaking down slow.

Il y a des chansons qu’on sait qu’elle va chanter, qu’on attend donc à un moment donné et que, si jamais cela n’était pas le cas, la frustration serait totale ! Quand son fils Terry apporte une chaise haute (type siège de bar), on se doute que quelque chose de spécial arrive. C’est pour nous conter en chanson l’histoire de ce jeune homme noir, de sa naissance à sa mort précoce, dans un Chicago froid et pauvre où il n y a pas vraiment d’échappatoire car qu’est-ce que le plein gré quand on est pauvre et désespéré ? In the ghetto mérite effectivement une mise en scène spéciale, fût-elle sobre. Histoire de ne pas trop plomber l’ambiance, elle enchaine ensuite par le très disco Funky Young hearts run free.

A la présentation de son groupe, à une heure de concert, on sent que la fin va être proche et d’avance on en est attristé... Pas le temps de trop réfléchir car elle nous entonne You’ve got the love et pas de surprise quand elle quitte le scène avec son groupe. Elle est bissée comme pas possible et nous revient (avec un changement de chaussures car elle a troqué les talons pour du plat) afin de nous emmener dans une église en Alabama, histoire de nous achever par un Hallelujah anyway.

Elle quitte discrètement la scène pendant que son groupe continue de jouer pendant cinq minutes. Gourmands que nous sommes, nous continuons à l’applaudir pendant presque dix minutes, de plus belles, en espérant la revoir, mais son choriste revient avec un "she left the building". Vrai ? Faux ? Peu importe, c’est la fin du concert.

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