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Aimé Césaire "Je suis de la race de ceux qu’on opprime"

mardi 6 mai 2008, par Christelle Fulpin

Le 17 avril 2008, AIMÉ CESAIRE nous a quitté. La Martinique est endeuillée, le monde entier est secoué. Tous reconnaissent en lui, la bonté, l’humanisme, la chaleur naturelle de cet homme, ce monument.

Un grand homme vient de partir. Un immense poète. Le chantre de la négritude. Le poète de langue française à la peau noire, maniant cette langue comme aucun. L’antillais revendiqué et revendiquant la reconnaissance de son histoire, la connaissance, tout simplement, de l’histoire du peuple noir et le respect de ses origines africaines. Il défendait une vision humaniste du monde, la culture à portée du peuple, la valorisation des artistes martiniquais, afin de lutter contre l’aliénation culturelle profonde subie aux Antilles, fruit de la colonisation. Césaire menait un combat politique et engagé ( Fondateur en 1934 du journal l’étudiant noir. En 1941 la revue Tropiques voit le jour et en 1947, il fonde Présence Africaine, sans oublier sa carrière politique, en tant que maire de Fort de France notamment.)

A l’heure du président Bling-Bling, de l ’apparence et du pouvoir à tout prix, Aimé Césaire faisait, lui, une politique de proximité, une politique du cœur. Il aimait profondément les gens. A chaque personne qu’il rencontrait, il demandait de quelle commune, de quelle famille elle venait.

Né à Basse-Pointe, commune du Nord, il s’y rendait en pèlerinage chaque vendredi. Basse-Pointe est située sur un des versants de la montagne Pelée, face au canal de la Dominique, côté atlantique nord. Pour ceux qui connaissent Madinina, la nature y est abondante, l’océan mouvementé, et les versants bien ventés et arrosés. C’est la Martinique généreuse, naturelle, véritable : la Martinique de Césaire.

La Martinique, le monde entier est en deuil. Un homme de cœur, si humble, un esprit si éclairé va nous manquer. Plus que jamais, à l’heure des fascismes renaissants, à l’heure de la médiocrité intellectuelle, de la bassesse du débat politique, plus que jamais, l’esprit de Césaire est nécessaire.

Apprendre à vivre ensemble, apprendre à chacun d’où il vient, respecter l’histoire des uns et des autres sans ethnocentrisme. Donc, remettre au centre du débat, et des programmes scolaires notamment aux Antilles, l’histoire de l’esclavage, l’histoire du peuple noir. Plus que jamais ouvrons nos yeux, nos oreilles, nos sens à l’Afrique, berceau de notre humanité.

Adieu Aimé Césaire.
Repose en Paix, nous allons tenter, nous tes enfants, de reprendre le flambeau de ton combat.

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