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Petit circuit littéraire...

lundi 17 janvier 2005, par Claudie Kibler Andreotti


Circuit PAUL-RICARD, de François CHEVALIER

Au cœur de la compétition auto-moto

Reminiscence ? Nostalgie ? Pourquoi ce livre aujourd’hui, cinq ans après ce fatal 14 mai ?

Certes, François Chevalier, tout d’abord responsable d’une école de pilotage, puis directeur du Circuit Paul Ricard jusqu’à sa fermeture en 1999, jouit d’un peu plus de temps, bien qu’immergé dans ses activités artistiques - mais créer un livre, n’en est-ce pas une ?-

Gageure aussi puisque l’auteur a collecté les informations, rassemblé ce qui était épars, mis à contribution ceux qui ont connu, vécu, participé à tous les événements, toutes les courses, jusqu’aux médecins qui y assuraient des permanences…

Chevaleresque, il remercie d’ailleurs « toute l’équipe du Circuit, permanents et bénévoles, ainsi que toutes celles et ceux qui l’ont aidé dans la réalisation de cet ouvrage, dédié à Paul Ricard, sans qui rien de tout cela n’aurait existé ».

« Cette riche épopée, nul autre que François Chevalier qui en eut la charge n’était mieux placé pour la faire revivre… » énonce Jean Todt, directeur général de Ferrarri, dans sa préface.

Todt évoque avec ferveur cette « création révolutionnaire ». Très concerné, au début des années 1970, par l’existence du Circuit Paul Ricard, il écrit : « sa création constituait une véritable révolution dans l’univers français de la course ». Et rappelle que Jean-Pierre Paoli choisi par Paul Ricard comme maître d’œuvre de son fabuleux projet, réussit d’emblée à nouer des relations avec les personnes qui, à un titre ou à un autre, pesaient sur le sport automobile à l’intérieur de l’Hexagone.

Dans une belle mise en page, l’illustration est impressionnante. En mémoire des événements marquants de ce point du Var, devenu « pôle » attractif de Signe -Le Castellet, des documents couleur illustrent l’histoire du Circuit Paul Ricard : près de trente années de courses mémorables, attirant sur cette calotte aride des massifs du Sud méditerranéen, les meilleurs coureurs du monde entier, les célébrités de la vitesse auto et moto.

Tous les hommes rêvent, mais tous ne rêvent pas de la même façon : ceci est la phrase maîtresse qui introduit le chapitre concernant « un homme dangereux ».

Il s’agit là de Paul Ricard.

À la tête d’une entreprise en pleine expansion en 1960, personnalité complexe, passionnée, orgueilleusement timide, créateur qui se veut artiste, il est peintre, dessinateur, architecte. mais aussi un industriel qui veut « produire de la richesse pour tous », il est redoutable en affaires… Les politiques ne l’aident pas, ne l’aiment pas : ses prises de position abruptes, souvent provocantes, et sa réussite financière ne font pas bon ménage avec les gouvernements quels qu’ils soient…

DE LA CRÉATION AUX DERNIERS FEUX : TOUT SUR LE CIRCUIT MYTHIQUE

Après la vague de mai 68 qui marqua les esprits, le nom de ce Circuit, synonyme de vitesse, résonnera comme un symbole de liberté.

Au fil des pages, on rencontre Jean-Pierre Beltoise, François Mazet, Johnny Rives, Jean-Pierre Jabouille, Jean-Pierre Paoli, scientifique et artiste, passionné de musique et de compétition. On croise le chemin de Jacky Ickx, Jackie Stewart, Denis Hulme et sa Mc Laren, Franck Valverde, Jean-Louis Guignabodet, Laffite, François Cevert, Bernard Spindler. Les photos montrent aussi Didier Pironi, Nicky Lauda, Aarto Nyqvist, Jean Manuel Fangio, Watson, Andretti, Pironi, Prost, Arnoux. Défilent les célèbres écuries, tous les grands noms de l’automobile et de la moto et mille anecdotes ponctuant chaque événement, du « Début de l’histoire ordinaire » à l’an I, jalonnent ce récit, passion vécue jusqu’au « Succès, Enfin », le « Bol d’or », la Crise, en 1983, le « Retour de la F1 en 1996, naïveté ou supercherie ? » Les Derniers feux, en 1997 avec photos et, poignant, l’ultime instant de la fermeture le 14 mai 1999...

Un recueil passionnant pour les fans de courses, une mémoire écrite, visuelle, incroyablement illustrée, pour les nostalgiques de ce passé, et de ce lieu mythique souvent nommé Circuit du Castellet.

Ce livre grand format,document de poids dont la couverture bleue encadre un circuit en noir et blanc, ou gris, couleur d’un proche passé, produit par François Chevalier, préfacé par Jean Todt, est édité chez E-T-A-I.

Pour l’amour d’un stradivarius, de Pierre Amoyal chez Robert Laffont.

« Tu connaîtras la gloire et le désastre, mais un véritable artiste ne se soucie ni de l’un, ni de l’autre ». Prophétie ? De Jascha Heifetz, son maître ? Pierre Amoyal connut l’une et l’autre.

Est-ce pour cela que, victime du « rapt » de son Kochanski, le célèbre violoniste, amoureux d’un Stradivarius unique, mit cette phrase de Haïfetz en exergue dans son livre ? Est-ce pour ne jamais oublier que tout ne tient qu’à un fil, voire une corde… Sensible, comme son âme, ou l’une de son précieux violon ? Carpe Diem…

« Sur le coup, je ressens comme un vide immense où je sombre. Je suis debout devant cet hôtel, tétanisé, et je vois mon violon partir. Oui, mon corps se vide de tout, cœur, poumons, estomac, tout s’en va. Je ne sais pas ce que l’on ressent quand on meurt… Je suppose que ce doit être à peu près cela ».

Pierre Amoyal confesse sa passion pour ce violon, sentiment violent à nul autre pareil, que nul ne peut comprendre… L’intérêt de ce livre est tout d’abord sa construction : l’enquête pour retrouver le fameux Kochanski alterne avec le récit de sa vie. Les chapitres « polar » alternent avec ceux qu’il consacre à son existence, du 22 juin 1949 à ce jour. Russe par sa mère, juif par son père, Pierre Amoyal évoque son enfance, son adolescence laborieuse où seul le violon a droit de cité, et enfin la consécration, une reconnaissance internationale atteinte grâce au talent certes, mais à une volonté, un travail acharné et une abnégation quotidienne, inconcevable pour le commun… Impressionnant récit que celui de sa vie, que celui du polar : rapt, coulisses de l’enquête policière, antiquaires véreux, collectionneurs douteux, policiers privés étranges, tentatives de récupération par des moyens plus ou moins légaux, fausses demandes de rançon, rebondissements, déceptions, provoquent le désespoir du violoniste qui vit cette disparition comme un rapt d’enfant… Ou l’amputation d’un bras. On a l’impression d’errer dans un monde Kafkaïen !

LA VIE D’UN ARTISTE DONT L’ÂME EST LE VIOLON

On découvre soudain mille choses insoupçonnables, invisibles aux yeux d’un profane !

On comprend mieux le lien unique, magique, fusionnel, la complicité, qui existent entre l’artiste et l’instrument : « Je voulais un compagnon qui fut mien. Je n’étais pas un musicien avec un instrument. Le violon et moi devions former un couple composé d’une voix et de quelqu’un qui savait conduire cette voix, une sorte d’entité unique et fusionnelle… Le violon et moi devions nous posséder l’un l’autre ».

Sa description est éloquente : une des plus belles œuvres du génie du Stradivarius des grandes années… Robe orangée, flamboyante, l’étendue de sa palette sonore, pas moins de quatre octaves et demie de beauté, sa troublante féminité, lui si viril dans les graves, les finesses secrètes de son anatomie.

Un Kochanski est unique, car sa vibration n’a pas sa pareille. Ce n’est pas sa valeur marchande qui en fait le prix, mais une sonorité exceptionnelle due à la recherche de la forme, au matériau, à ce choix des essences qui s’harmonisent, à la science du maître qui le conçut. L’instrument passa probablement entre les mains de Paganini qui joua des dizaines de Stradivarius et en posséda une demi-douzaine… La légende s’y est mêlée : le tsar Nicolas II, subjugué par la virtuosité du grand artiste polonais, l’aurait offert à Pavel Kochanski, au terme d’un récital inoubliable…

« J’admire l’artiste, j’adore le conteur » conclut un lecteur, père d’artistes réputés.

Pour comprendre cet amour de Pierre Amoyal pour son Stradivarius, mieux connaître la vie de l’artiste qui, outre ses concerts de par le monde, se consacre à la formation de jeunes gens prometteurs, enseigne, sème à son tour ce qu’il a reçu de ses maîtres, qui eux-même tiennent ce savoir des leurs : Lire « Pour l’amour d’un Stradivarius » jusqu’à « La dernière leçon »

Émotion garantie.

Plaisir de la lecture, enseignement pour les musiciens en herbe qui connaîtront là l’essentiel des créations et des compositeurs dont Pierre Amoyal, homme, sensible, passionné, généreux, interprète les œuvres.

« Je ne sais pas si le diable joue du violon, mais s’il en joue c’est sur un Stradivarius ». Ainsi naquit la légende « Amoyal »…

Pierre Amoyal, qui vit à Lausanne, a écrit ce livre en collaboration avec Max Genève, romancier (Château de Bela Bartok. Zulma) , auteur de romans policiers. (Gallimard. Série noire)

HISTOIRE DES ÉTRUSQUES L’antique civilisation toscane VIII°-Ier siècle avant J.-C., Jean-Marc Irollo, Éditions Perrin

Il paraît superflu de décrire l’histoire des Etrusques alors que depuis plusieurs siècles « l’étruscologie » a pris sa place dans les études classiques.

Mais Jean-Marc Irollo, toscan d’origine, tient le pari d’être un nouveau venu apprécié dans cette fresque de six ou sept siècles au cours desquels l’antique civilisation toscane tenait une première place dans la péninsule Italique.

Dans une telle durée, l’Étrurie ne pouvait être stéréotypée. La population de cette Toscane dont elle sut imprimer un paysage si beau a nécessairement varié depuis le VIII° siècle avant Jésus-Christ jusqu’au règne d’Auguste où elle se sera fondue dans l’amalgame romain, au même titre que d’autres populations italiotes comme les Samnites, ou que les colonies grecques du Sud de l’Italie. On évoque par exemple les influences orientales et helléniques dont les Étrusques ont pu bénéficier, encore faut-il préciser à partir de quel moment ont pris place ces influences. Il en est de même des alliances des Étrusques, du rôle politique de telle ou telle cité ; ils auront vu maints changements avec les voisins mais aussi avec ou contre les Carthaginois, les Romains, les Syracusains, etc… L’auteur montre bien que l’Étrurie n’a pas été statique au cours des temps, et que chaque étape fut marquée par un mouvement artistique. Le lecteur retiendra cet art original des Étrusques dont attestent les majestueuses peintures murales des tombeaux, l’art de la céramique avec les noirs « bucchero », les bijoux féminins, enfin la sculpture avec la Chimère de bronze de Florence et la statuaire des tombes villanoviennes. Toutes ces productions, reflets de la beauté, contribuent à une meilleure connaissance des mœurs et des goûts de cette population, particulièrement les peintures murales et les décorations de vases.

THALASSOCRATIE

À la fin du VIII° siècle avant J-C, les premiers Étrusques formaient déjà une nation dotée d’une forte identité. Leurs cités proches de la mer constituaient une thalassocratie, puissance politique dont la richesse était fondée sur le contrôle des routes maritimes en mer Thyrénnienne.

Toutes les découvertes récentes ont leur place dans le livre de J-M Irollo, à côté de celles de la Renaissance ou des grands voyageurs du XVIII° siècle.

L’envie vient au lecteur de se transporter en Toscane et en Ombrie pour s’imprégner de ces paysages qu’au fil des temps les hommes ont su embellir. Enfin, redécouvrir l’art des Étrusques dans ces multiples musées. Ceux de Pérouse, de Voltera, de Tarquinia, -comme celle de Cerveteri, sa nécropole vient d’être classée, en 2004, au Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’UNESCO-. Ou flâner à pied ou en deux roues le long des rivages de la mer Tyrrhénienne du côté de Populonia et des nécropoles maritimes. On estime aujourd’hui encore à 60 000 le nombre de tombes à découvrir dans la campagne toscane…

Là, Jean-Marc Irollo aura gagné le pari de nous apprendre encore quelque chose sur ce peuple à la fois si proche et si différent de ses voisins, auxquels il a su apporter une finesse et un mode de vie que Mécène et Rome ne renieront pas.

Historien de l’art et conférencier des musées nationaux, Jean-Marc Irollo a enseigné l’étruscologie à l’École du Louvre.

Son livre illustré d’un cahier photos de huit pages couleurs, comporte une chronologie de la civilisation étrusque, un intéressant glossaire et une imposante bibliographie.

Éditions Perrin, genre Essai, collection « Pour l’histoire ». 20 E 50

UN B. D. POUR TERMINER ! PANDORA

Pandora, originale princesse, héroïne à multiples facettes, facétieuse, n’aime pas les douches !

Thomas Allart, Éric Stoffel ont créé la belle Pandora et s’allient pour offrir une conversation savamment illustrée.

Autre harmonieuse et fabuleuse union, celle d’un scénariste, d’un génie du dessin et de la belle Pandora. Ceci donne une Bande Dessinée d’enfer, BD pour les initiés… que Thomas Allart illustre d’un dessin patiemment peaufiné - pas une caricature réalisée en trente secondes- offrant en dédicace à son lecteur une superbe oeuvre unique d’artiste …

Les lecteurs, amateurs de B. D sont choyés. En sont-ils conscients ?

Thomas et Éric ont présenté à Toulon leur dernier né, le quatrième tome de Pandora : Tohu Bohu.

Le succès est assuré pour ces deux marseillais !

Édité chez Vents d’Ouest ce volume est sorti le premier jour du salon du Livre de Toulon.

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